Languedoc-Roussillon. La région veut développer les interconnexions entre régions de la Méditerranée. Une autoroute de la mer en perspective entre Sète et le port italien de Gênes.

Correspondance particulière.

À l’occasion de l’inauguration de la maison du Languedoc-Roussillon à Milan, il y a quelques jours, le président du conseil régional, Georges Frêche, devait préciser la teneur des liens que la région souhaite mettre en place avec l’Italie, notamment dans le domaine portuaire. Un rapprochement économique du port de Sète est fortement envisagé avec le port de Gênes. La ville de Gênes, capitale de la Ligurie, en Italie du Nord, compte 750 000 habitants et se situe à moins d’une heure et demi de route de Milan. La région souhaite rapprocher, par voie de mer, les acteurs économiques du Languedoc-Roussillon et ceux de Gênes et de Milan.

Ainsi le conseil régional, qui a désormais en charge le port de Sète suite au transfert de la compétence de l’État, va investir 20 millions d’euros pour soutenir et développer le port, moderniser les équipements, favoriser la création de lignes de fret et de passagers. Il entend aussi s’inscrire dans l’ensemble européen des autoroutes de la mer qui favoriserait l’interconnexion des régions et qui désengorgerait le trafic considérable des camions sur l’axe Italie-Espagne. L’Italie a déjà quelques longueurs d’avance puisque 161 lignes relient les ports italiens avec l’Espagne, le Maghreb, l’Adriatique, la Grèce et la Turquie. Il s’agirait donc sur ce modèle d’ouvrir des lignes entre les ports de Sète et de Gênes mais aussi avec Barcelone et de capter ainsi une partie du trafic routier. Le port de Sète, bien placé, est équipé d’un terminal et d’un portique à conteneurs. Du côté des passagers, le port languedocien dispose de toutes les infrastructures nécessaires et accueille, au-delà des lignes régulières avec le Maghreb, vingt à trente paquebots de croisière par an. La région espère recevoir les grandes compagnies italiennes d’ici à 2010.

Les élus multiplient donc les contacts avec l’Italie, mais aussi avec l’Espagne. De son côté Jean-Claude Gayssot, vice-président communiste de la région, chargé des transports, devait rencontrer récemment Manel Nadal, secrétaire à la mobilité de la Généralitat de Catalogne dans le cadre d’un colloque sur le projet Arcomed (arc méditerranéen). Un projet qui a pour objectif de valoriser la logique Est-Ouest, de Barcelone à Gênes, dans le domaine des lignes ferroviaires à grande vitesse. En complémentarité des perspectives de transport par mer, la région souhaite développer aussi le rail. Jean-Claude Gayssot, fervent partisan de l’intermodalité, le dit : « Si nous ne tendons pas vers une démarche proposant un meilleur équilibre route-rail-voie d’eau, nous allons dans le mur car nous devons nous préparer à recevoir 200 millions de tonnes de marchandises d’ici à 2015. »

Pour François Liberti, conseiller général communiste de Sète qui fut maire de cette ville, « le port a une place à tenir, complémentaire des autres moyens de transport pour répondre à l’éclatement des gros-porteurs et des trafics de marchandises et de containers qui touchent les grands ports ». mais, dit-il, des points particuliers doivent être examinés avec la SNCF et RFF : « le maintien de l’entretien des lignes bord à quai, l’investissement à faire pour la plate-forme intermodale, l’affectation des moyens humains et de traction pour assurer les trafics… ».

 

Source : Éloi Martinez, L’HUMANITE 7 octobre 2007

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