Extraits de l’article de Marie-Pierre Lannelongue paru dans Le Nouvel Observateur n°2326 (semaine du 4 juin 2009)

La planète et un titre, «Home», maison. Vous n’avez sans doute pas échappé à l’affiche du film de Yann Arthus-Bertrand, monsieur «la Terre vue du ciel», diffusée gratuitement le 5 juin dans une centaine de pays et sur quasiment tous les supports (internet, télévision, cinéma, DVD). home-yann-arthus-bertrand-ppr-pinault-bessonPorté par Luc Besson, le projet a été presque entièrement financé par le groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) qui a déboursé sur trois ans 10 des 12 millions d’euros nécessaires à la réalisation de ce long-métrage qui se veut une version française d’«Une vérité qui dérange» d’Al Gore. PPR est aussi propriétaire du Gucci Group, l’un des premiers groupes de luxe du monde avec Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Bottega Veneta ou le joaillier Boucheron. (…)

Chez PPR, on insiste sur la sincérité de cet engagement et on souligne que l’entreprise est la seule du CAC 40 à s’être dotée d’une direction RSE spécifique (Responsabilité Sociale et Environnementale). Elle a défini sept enjeux prioritaires parmi lesquels le choix des fournisseurs ou la réduction de l’impact environnemental des magasins. «Nous sommes en tongs au pied de l’Himalaya, s’amuse Laurent Claquin, le directeur RSE. Mais nous ne sommes pas là que pour agiter des idées, c’est du business. Quand on passe du transport aérien au transport maritime, on réduit les coûts.» (…)

Chez LVMH, la politique environnementale a été mise en place en 1992, juste après le Sommet de la Terre de Rio. Chez Louis Vuitton, 60% de la maroquinerie qui part vers l’Asie est acheminée par la mer. Et on fait, depuis 2002, des bilans carbone de la plupart des maisons. (…)

luxe1«Aujourd’hui, le respect de l’environnement ou des conditions de travail n’est pas un critère de choix mais clairement un critère de non-choix», affirme Laurent Claquin. Les observateurs remarquent aussi que le luxe est confronté à une crise… existentielle. Autant qu’à une baisse des ventes. Dans les années bling-bling, il a joué l’extravagance et la folie du tout-logo. Il convenait juste d’offrir aux consommateurs toujours plus de babioles griffées, des plus accessibles aux plus délirantes. Désormais, on s’interroge sur la valeur réelle des produits. L’extrême qualité, la durabilité, la fabrication en Europe dans de bonnes conditions, le respect des savoir-faire anciens, la qualité des matières premières sont autant de justifications de prix souvent hors du commun.

Une réponse à “Le luxe la joue durable”
  1. Hugues dit :

    On a en effet l’impression qu’enfin on va dans le bon sens ! Malgré la bonne (et déjà !) vieille tentation du “green-washing” dont les spécialistes sont les grands groupes, le développement durable pousse sa corne dans le ventre du business probablement un peu trop facilement entretenu jusqu’à maintenant !
    Signé : Hugues, un cadre dirigeant de grand groupe international qui s’accroche et y croit encore !!!!

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