Publié dans USINENOUVELLE.com le 17/11/09 – Article d’Olivier Cognasse

Les syndicats sont particulièrement mobilisés contre l’annonce d’une possible cession de la messagerie en France.
« Le groupe DHL revoit régulièrement son modèle économique et dans ce cadre, il envisage de céder la branche messagerie en France. Mais nous n’en sommes qu’au stade préliminaire. Aucun repreneur n’est encore connu », indique-ton à la direction de DHL France (14 000 personnes), même si les noms de Mory ou du fonds d’investissement Caravelle circulent actuellement. dhl-messagerieDes paroles qui ne vont pas franchement rassurer les 3 500 employés de cette activité présents sur 68 sites. Pour Patrice Huart, délégué syndical central CFDT et membre du CE européen, « avec un fonds d’investissement 500 à 1 000 emplois seront supprimés. Avec un transporteur, ce sont 1 000 à 1 500 suppression de postes, car il sera intéressé par le portefeuille clients, mais les agences créeront beaucoup de doublons ».

L’intersyndicale a d’ailleurs appelé les salariés à une grève de 24 heures à partir ce soir pour « rester au sein du groupe Deutsche Post et pour demander une pérennisation du plan de sauvegarde de l’emploi qui prend fin en juin 2010 ».

Un plan de restructuration qui prévoyait environ 500 départs, mais dans des conditions très acceptables. Selon la CFDT, DHL serait même prêt à mettre 200 millions d’euros sur la table pour faciliter la vente (information non confirmée par DHL), car « personne ne voudra prendre en charge le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) et surtout reprendre une entreprise qui perd 60 à 70 millions d’euros (pour un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros) ». Pour les syndicats, les mauvais résultats de la branche messagerie française sont la conséquence des différentes politiques menées ces dernières années par la Deutsche Post. Mais ils veulent encore croire que « tout n’est pas joué, car en prenant les bonnes décisions on peut retrouver l’équilibre dans deux ans, » conclut Patrice Huart.

4 réponses à “DHL veut couper la branche messagerie”
  1. Hugues dit :

    On croit rêver !!! Cela fait des années que cette belle entreprise, de longue date connue pour son expertise dans le « transport express international de petits colis » arrache des changements stratégiques invraisemblables, onéreux, décevants et finalement s’éloigne de sa vocation initiale.
    Olivier Cognasse appelle cela « revoir égulièrement son modèle économique », c’est vraiement prendre des gants !

  2. Jean-Marie dit :

    Et oui, ce sont les limites de la démesure, le grand rêve du « one stop shopping » confronté à la réalité …

  3. josse dit :

    Strategie deroutante,onereuse et inneficace.
    Finalement chaque individualité tente de trouver
    ses propres benefices.Il ne reste plus grand chose
    des grandes valeurs qui ont permis ce developpement
    extraordinaire dans les années 90 et debut 2000.
    L’envie de jouer et de gagner a disparu.

  4. Nicolas ROGIER dit :

    Nous voilà probablement face à un exemple de modèle économique qui illustre bien le décalage entre les ambitions (démesurées ? irréalistes ?) de croissance décalées de la réalité des attentes profondes de managers qui semblent désorientés, d’un personnel destabilisé et de clients qui peinent à suivre les évolutions.

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