Extraits de la « Lettre sur le climat » n° 16 – Mission Climat de la Caisse des Dépôts (T4 2009)

La conférence de Copenhague (07 au 18/12/09) constitue l’aboutissement du processus lancé à Bali en 2007, et vise à trouver un accord climatique succédant au protocole de Kyoto à partir de 2013. Les attentes par rapport à cette 15e Conférence des Parties (COP 15) sont fortes, et peut-être le sont-elles trop. En témoignent notamment le rythme effréné des rendez-vous des négociations internationales des six derniers mois, que ce soit dans l’enceinte de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ou plus largement de l’ONU, du Major Economies Forum (MEF), du G8 ou encore du G20 (…)

Situation à T4 2009 émissions vs KyotoEcart entre les émissions de gaz à effet de serre des pays de l’Annexe B en 2007 par rapport à leur objectif Kyoto, en % des émissions de 1990. Les pays de l’Annexe B ayant ratifié le protocole de Kyoto sont globalement en bonne voie pour atteindre leurs objectifs. Cependant certains pays sont déficitaires tels que l’Australie et la Nouvelle-Zélande et l’Espagne et l’Italie en Europe qui sont à plus de 10 points de leur objectif Kyoto.

Quel est le véritable enjeu de cette négociation ? Si tous les protagonistes s’accordent sur la nécessité de l’action contre le changement climatique, la réticence des pays à s’engager à réduire leurs émissions s’explique par le coût supposé de cette action. Ce point devient évidemment essentiel, alors que la crise économique rivalise avec le changement climatique pour occuper le devant de la scène. (…) La première pierre de la négociation repose sur l’engagement des pays développés. L’Union européenne a déjà envoyé un signal fort, en s’engageant à passer son objectif de réduction des émissions d’ici 2020 de 20 à 30 % en cas d’accord international satisfaisant (…) Logo COP15
Les regards sont désormais tournés vers les Etats-Unis, pour qui une partie de la négociation va se dérouler – avant et après Copenhague – au Congrès (…) L’engagement de l’Oncle Sam après des années d’absence du protocole de Kyoto permettrait d’attirer les principaux pays émergents, Chine et Inde en tête (…) Une chose est désormais acquise : tous les points de détails d’un accord pour l’après 2012 ne pourront être réglés dès cette année. Il faudra vraisemblablement se contenter d’un texte de quelques pages sur les grandes orientations politiques, renvoyant aux négociateurs le soin de négocier l’essentiel des « détails » pendant
l’année 2010. Se contenter d’un accord politique à Copenhague ne signifie pas pour autant que la fin du monde est proche. Rappelons que le protocole de Kyoto, signé en 1997, représentait certes une avancée majeure, mais n’était finalement qu’un accord politique d’une vingtaine de pages. Le protocole est devenu opérationnel en 2001, lors de la Conférence de Marrakech. Si le résultat de Copenhague est un tel accord politique, il faudra néanmoins aller beaucoup plus vite dans la déclinaison opérationnelle : la date du 1er janvier 2013 ne pourra en effet être repoussée, même par les plus habiles des négociateurs. (…)

3 réponses à “Les enjeux de la conférence de Copenhague sur le changement climatique”
  1. NJHM dit :

    Une lueur d’espoir si on en juge les intentions déclarées des Etats-Unis, de la Chine, du Brésil de s’engager sur des objectifs formels. A suivre !!!

  2. Hugo dit :

    Les résultats de ce sommet vs les enjeux et les ambitions annoncées : c’est tout de même un fiasco et une reculade qui va faire du mal, notamment à toutes les structures privées, associatives, tpe qui se sont jetées dans la bagarre, souvent de bonne foi, parfois par opportunisme (relatif) dans la bataille du développement durable.
    Cela discrédite notamment, d’un point de vue entreprises, la légitimité à court terme et l’intérêt pour une organisation de réaliser un bilan carbone et d’investir des ressources importantes !…

  3. Nicolas ROGIER dit :

    Doit-on considérer ce somment comme un fiasco sans appel, ne peut-on pas également y lire en contrepoint de nouvelles lignes de fracture dans un monde aux équilibres complexifiés. Il est certain que B. Obama s’est vu limiter ses ardeurs par un Congrès peu enclin à affronter un dossier aux lourdes conséquences géostratégiques. Il s’est également lui aussi personnellement impliqué dans la réactivation de l’effort de guerre en Afghanistan (et donc a validé la décision d’affectation de ressources supplémentaires dont le coût est lourd à supporter pour des finances déjà très contraintes par le niveau d’endettement et le plan Santé). C’est donc en quelques sorte la quadrature d’un cercle qui laisse sans doute peu de place à la vertu environnementaliste !

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