Article de Fabrice Amedeo – Le Figaro du 27/11/2009

Selon l’institution, de nombreuses lignes doivent être abandonnées au profit de l’autobus.

La Cour des comptes a rendu public ce mercredi son rapport sur «le transfert aux régions du transport express régional : un bilan mitigé et des évolutions à poursuivre». Verdict : le TER coûte aujourd’hui trop cher et il n’est pas adapté à de nombreuses lignes en sous-activité. L’institution de la rue Cambon pointe du doigt les dépenses somptuaires des régions en achat de matériel roulant et les coûts d’exploitation trop élevés de la SNCF. Les régions ont ainsi consacré 600 millions d’euros depuis 2004 au renouvellement de leurs flottes de TER.

«Elles doivent être raisonnables et davantage proportionner leurs efforts au trafic, explique Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes. Des investissements peuvent être symbole de vitalité sans être forcément nécessaires.» Le rapport s’interroge également sur l’efficacité de l’exploitation par la SNCF et sur son incapacité à réduire ses coûts en raison du statut des cheminots. Celui-ci induit un «surcoût de l’ordre de 20 à 30%». «La SNCF est l’unique interlocuteur des régions, explique Philippe Séguin. Ce monopole réduit le pouvoir de négociation des régions et ne pousse pas l’exploitant à réaliser des gains de productivité.» Le coût moyen d’un TER en France est de 17 euros par kilomètre et par train alors qu’il n’est que de 11 euros en Allemagne.
Selon le rapport, le TER a coûté 2,7 milliards d’euros aux régions en 2009. Il représente une part croissante de leur budget pour un taux de remplissage moyen des trains de 26%. Les lignes les moins fréquentées – soit 7 800 kilomètres en France – ne voient passer en moyenne que dix trains par jour. Ces chiffres recouvrent de grandes disparités : des trains roulent à vide en zone rurale et aux heures creuses tandis que d’autres sont bondés en zone urbaine.

Bilan carbone
La Cour des comptes préconise donc l’abandon de certaines lignes au profit de l’autobus. «Le coût des lignes les moins fréquentées est trop élevé pour les finances publiques, explique Philippe Séguin. Il est équivalent, au kilomètre, au coût d’usage d’une voiture individuelle.» La Cour regrette que la «comptabilité analytique de la SNCF» rende difficile le choix entre lignes rentables et lignes déficitaires.
Paradoxalement, l’utilisation de l’autocar améliorerait même le bilan carbone du TER. Aujourd’hui, 90% des lignes ne sont pas électrifiées et le gazole représente la moitié de l’énergie consommée par les trains régionaux. «Et la plus grande partie de l’énergie électrique est d’origine thermique, explique Philippe Séguin. Le bilan carbone du TER n’est pas favorable.»

2 réponses à “Selon la Cour des comptes, la gestion des trains régionaux déraille”
  1. NJHM dit :

    Concernant la bilan carbone du TER, il ne suffit pas de prendre en compte les consommations d’énergie thermique, prendre également en compte celle utilisée pour la fabrication, l’entretien, le renouvellement du parc du parc de motrices + wagons, a priori bien supérieure à celle d’une flotte de cars.

  2. Hugo dit :

    JE CROIS QU’UNE PARTIE DU PB EST LIE AUX ATTIBUTIONS DES REGIONS EN MATIERE D’ORGANISATION DES TRANSPORTS SECONDAIRES, ET LA? NOUS AVONS UN ENORME PROBLEME A REGLER EN FRANCE.
    LES PROCHAINES ECHEANCES ELECTORALES REGIOANALES VONT DEVOIR PRENDRE CE DOSSIER A BRAS LE CORPS TANT IL EST CHARG2 D’UNE DIMENSION ECONOMIQUE, SOCIALE, ENVIRONNEMENTALE.
    ON PARLE BCP DU DEVELEOPPEMENT DU TELETRAVAIL, LA FRANCE EST TRES EN RETARD ET ON S’EN PLAINT, MAIS COMMENT LE DEVELOPPER EN L’ABSENCE D4UN PLAN DE RE-IRRIGATION DES TERRITOIRES ???

  3.  
Trackbacks
  1.  
Répondre

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>