La 6ème session « Logistique Décarbonée » s’est tenue sur la commune de La Tour d’Aigues, le 16 décembre 2010. Elle était organisée et animée par Gil DOAT et Nicolas ROGIER.
Exceptionnellement, cette dernière session de l’année 2010 s’est déroulée dans les installations de l’Hôtel de Ville de la Tour d’Aigues ; l’équipe municipale, que nous remercions chaleureusement, pour leur accueil, mettait à notre disposition la grande salle du Conseil. Nous tenons également à remercier la Communauté de Communes Sud Luberon pour son implication.logistique-decarbonee-logo2
Rappelons que ces sessions ont obtenu le soutien officiel du Conseil Régional PACA et l’ADEME PACA.

Etaient présents :

Pierre Aubois : Premier Maire Adjoint – Médecin à la Tour d’Aigues                                                                                          Lucien Olive : Troisième Adjoint au Maire de La Tour d’Aigues – viticulteur                                                                                         Albert Gaggioli : Conseiller Municipal  de la Tour d’Aigues
Gilbert Soulet : Expert Rail, Pdt Association NosterPaca, Cadre Honoraire de la SNCF
Françoise Sallé : Comité Bassin d’Emploi Sud Luberon
Magali Bernard : Société Lebreco (production et négoce de plantes aromatiques)
Flore Perrera : Communauté de Communes Luberon Durance (22 communes du Dpt de Vaucluse)
Denis Valence : Conseiller Municipal – Fonctionnaire Municipal
Jean-Yves Petitgas : Altic (machines outils pour industrie électrique) – Pdt Association R2A , les entreprises du Revol
Romain Brette : Southcomp Polaris – trésorier de l’association R2A
Thierry Leon : Association logistique et développement durable
Patricia Rogier : Etudiante en 2ème année de BTS Commerce International, stagiaire en Transportspc160026

La 6ème session Logistique Décarbonée s’ouvre ce jeudi 16 décembre 2010 à la Mairie de La Tour d’Aigues,  Albert Gaggioli, Adjoint au Maire, accueille chaleureusement les participants.
L’originalité de cette session est de se dérouler dans un cadre moins densément peuplé : les problématiques des entreprises et des institutions sont très différentes de ce que nous avons l’habitude de relever dans des zones à fortes densités de flux de transports (logistique et voyageurs).

Le sujet des déplacements de personnes est au cœur des préoccupations de chacun : à l’écart des grands axes (7 km de la vallée de la Durance, de l’autoroute et de la gare de chemin de fer la plus proche), les déplacements sont ici plus qu’ailleurs dépendants de la voiture.logo
Selon Jean-Yves Petitgas, la première préoccupation des collaborateurs qui viennent travailler ici est d’avoir le permis de conduire.
Pour ceux qui n’ont pas de permis, l’UIMM a mis en place des aides pour le passer et ainsi accéder à l’emploi.
Flore Perrera précise pourtant que des services de transport en commun existent et reconnaît en même temps qu’il faut communiquer pour optimiser leur utilisation
Françoise Sallé confirme bien que la problématique d’accès à l’emploi, quand on n’a pas de voiture, est réelle. Mais quelles alternatives existe-t-il ? Le TAD (transport à la demande) en minibus a été développé mais peu efficace, contraignant (appels la veille), peu lisible.
Jean-Yves Petitgas avoue qu’il n’était pas au courant qu’il existait des lignes de bus à la Tour d’Aigues
Selon lui, l’un des problèmes vient de la renonciation à une mixité entre zone économique et zone résidentielle : ceci permettrait aux collaborateurs de pouvoir loger près de leur lieu de travail. Aujourd’hui les entreprises sont envoyées en périphérie des agglomérations, ce qui n’était pas le cas par le passé où les ateliers étaient au cœur des villes.
Pour Flore Perrera les problèmes de cohabitation entre ces 2 activités (industries et résidence) sont réels (nuisances, transport, horaires, …). En revanche, le développement d’une zone d’activité ne devrait pas être décidé sans en amont réfléchir aux transports pour y accéder : aujourd’hui il suffit de prévoir assez de places de parking pour s’affranchir du problème : elle donne l’exemple de l’éco-quartier de Freiburg en Allemagne, où lors du schéma d’aménagement en amont du choix de chaque quartier a été définie une politique de transport en commun très poussée qui permet aux habitants de se rendre de leur domicile à leur lieu de travail sans utiliser leur véhicule personnel.
Il est donc primordial de développer les transports en commun, que ce soit sur une commune ou entre plusieurs communes. Surtout à La Tour d’Aigues pour rejoindre l’axe de la vallée de la Durance avec les liaisons ferroviaires.pc160022

Gilbert Soulet rappelle également les problématiques de disparités tarifaires entre les différents modes de transport en commun : pour aller de Pertuis à Aix en autobus, il vous en coûtera 1 € mais 6,40 € si vous choisissez le train.
Bien que cela reste beaucoup moins onéreux que l’utilisation de sa voiture personnelle, le ferroviaire ne se développera pas tant qu’on n’aplanira pas les différences tarifaires. Gilbert Soulet prône pour cela la péréquation tarifaire sur toute la France, à l’image de la Poste : envoyer une lettre à l’autre bout de la France ou dans la commune d’à côté coûte le même prix.

Pour Jean-Yves Petitgas, l’aspect tarifaire n’a qu’un effet marginal sur le choix du mode de transport : la majorité des gens qui prennent leur voiture n’ont pas de réflexion économique mais plus un sentiment de confort à faire valoir.

Flore Perrera confirme qu’en plus de l’aspect tarifaire, il faut travailler sur une communication plus efficace et étendue à toute la population, aux entreprises, ainsi que des services plus lisibles (stations bien signalées, tarifs lisibles, horaires respectés..

Romain Brette pointe également l’absence de vision long terme dans certains aménagements : lors de la promotion du transport ferroviaire, il faut être attentif au dimensionnement des parkings dans les gares. Il cite pour cela l’exemple de la gare TGV d’Aix en Provence où les parkings sont toujours pleins et ce, dès l’ouverture de la gare.
Flore Perrera indique qu’elle se rend toujours à la gare TGV ou à l’aéroport Marseille Provence par les transports en commun depuis La Tour d’Aigues : la stupeur d’un tel « parcours du combattant » parmi les participants est révélatrice d’un manque de communication, d’habitudes, qu’il faudra arriver à dépasser.pc160023

Les PDE ou PDIE (Plan de Déplacement Inter Entreprises) doivent permettre de déclencher une réflexion partante des entreprises pour toucher les collectivités. Les PDE dans le Vaucluse sont obligatoire pour toute entreprise de plus de 250 personnes : Pellenc répond à ce critère. De plus son dirigeant Roger Pellenc est également Maire de Pertuis.
En s’associant aux autres entreprises de son secteur Pellenc pourrait lancer un PDIE et bénéficier ainsi des aides de la région (voir Fonds de financement FREE)

Sur la partie transport de marchandises, la discussion s’oriente très vite vers le GPMM (Grand Port Maritime de Marseille) :
Magali Bernard indique que sa société Lebreco exporte ses produits provençaux vers l’Amérique latine (Mexique) via le port du Havre et pas Marseille ?
Pourquoi un tel choix ? La principale raison est l’absence de ligne régulière au départ de Marseille. Selon elle, cela est dû à la faible fiabilité du port qui ne pousse pas les clients à créer un marché.

Romain Brette confirme également que sa société pour les exportations évite volontairement le port de Marseille dû aux mouvements sociaux : comme nous l’avions vu lors de la session d’Avignon, le GPMM est à nouveau considéré comme un « port d’évitement »
L’autre souci des ports français est l’attente du aux délais de douane : c’est pour cela que les exportations de Southcomp Polaris passent par Anvers ou Rotterdam.
Jean-Yves Petitgas et Magali Bernard confirment que les délais sont très importants dans l’économie actuelle, tant en terme de rapidité de disponibilité des produits (attente des consommateurs) qu’en terme de trésorerie pour l’entreprise exportatrice. Face à cette notion d’urgence, la route est privilégiée au fer, et les délais administratifs sont un critère de choix prépondérant.
Gilbert Soulet regrette également cette image négative du GPMM qui ne permet pas de développer en masse de nouveaux marchés. Pour preuve la ligne ferroviaire Fos – Lavalduc : une seule voie, un seul de circulation : ceci ne permet que 21 circulations par jour.
Le doublement est étudié depuis 1983… et les changements d’interlocuteurs et de responsable sur ce projet n’arrangent pas les choses : la SNCF a pris les commandes en 1983, puis c’est RFF (Réseau Ferré de France) qui en devient le responsable en 1997, puis le GPMM aujourd’hui.
Avec une infrastructure ferroviaire aussi faible, comment voulez-vous développer le port et le transport multimodal ?
Le projet de percée du Montgenèvre qui doit être inscrit au SNIT (Schéma National des Infrastructures de Transport) doit servir en même temps pour les trains et pour les gazoducs, ce qui permettrait d’approvisionner en pétrole le nord de l’Italie depuis Fos et d’accroître l’activité économique de Fos.

Tout le monde s’accorde sur la qualité globale de l’outil de transport existant (GPMM, plateformes multimodale, ports fluviaux) mais malheureusement son utilisation ou les abus de certaines catégories mettent en danger le devenir et le développement de cet outil.

La 6è session se termine s’achèvera, une fois encore, sans « langue de bois », autour d’un buffet campagnard que notre étudiante stagiaire, Patricia Rogier, passionnée par les débats, nous aura aidé à dresser…

Très belles fêtes de fin d’année 2010 !pc160025

Une réponse à “6è Session “Logistique Décarbonée” en Région Provence-Alpes-Côte-D’azur : La Tour d’Aigues (Vaucluse)”
  1. CLAUDE FONCT. TERR. dit :

    ATAQUONS NOUS AU PROBLEME DU FONCIER. A QUOI FAIRE TANT DE PALABRES AUTOUR DES TRANSPORTS SI ON NE PARLE PAS DU SOL ET CE QU ON EN FAIT;

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