http://solutionsbusiness.lentreprise.com Article du 07/01/11
Par Claude Samson, DG de SAMADA (groupe Monoprix)

Réduire les nuisances et diminuer l’empreinte carbone de la logistique du dernier kilomètre est l’affaire de tous, collectivités, associations et entreprises.

La marchandise avant d’arriver sur les étagères du magasin ou chez le particulier, transite par plusieurs plates-formes logistiques aux fonctions différentes. Le « dernier kilomètre » est le trajet de la marchandise entre le dernier entrepôt et le client, commerçant ou particulier ; il se déroule très fréquemment depuis la périphérie des grandes métropoles vers le centre des villes. Cette fonction est indispensable pour que les centres-villes continuent à « vivre » et à remplir leur fonction sociale.
Mais les clients à servir, du particulier au grand supermarché ou à la concession automobile, ont des tailles variées et donc des besoins différents qui vont du petit colis unitaire, quelquefois dans l’année, à plusieurs dizaines de palettes chaque jour. Les solutions à apporter pour diminuer les nuisances provoquées par les livraisons urbaines, ne peuvent donc être uniformes. Elles doivent être adaptées à chacune des situations.

Ceci est d’autant plus important que les acteurs concernés doivent prendre en compte les nuisances réelles, portées très souvent par les pouvoirs publics et les nuisances ressenties par le riverain lambda, souvent le client dans le commerce de proximité, qui peuvent être très différentes. Le bruit en est l’exemple le plus « criant ». Ce sont d’ailleurs les chargeurs, avec leurs transporteurs, dans le cadre de club de réflexion comme Demeter, qui se sont saisis de cette question par des tests de matériel moins bruyants (norme de bruit Piek).
De nombreuses expérimentations dans les grandes villes
Le nombre d’expérimentations, voire de changements définitifs de process, dans toutes les grandes métropoles françaises et plus particulièrement en région parisienne, est depuis une dizaine d’années et surtout sur les cinq dernières, en constante augmentation. Entrée de produits vendus dans les Monoprix parisiens par le train et utilisation de camions motorisés au Gaz Naturel pour Véhicules (GNV) pour assurer le « dernier kilomètre », véhicules électriques pour la livraison du réseau des parfumeries Séphora, vélos et triporteurs à assistance électrique, tire palettes électriques pour distribution de colis sur quelques quartiers parisiens, passage imposé par une plateforme de groupage en périphérie de grandes ou moyennes villes de province…

Mais toutes ces expériences sont souvent la volonté d’une entreprise, dont le développement durable est une vraie composante de sa politique générale, ou d’un homme, qui à titre personnel, soit à l’intérieur d’une organisation, soit en ayant créé sa propre entreprise, a la volonté d’avancer sur ce terrain.

On a quelquefois l’impression que les pouvoirs publics sont soit des « suiveurs », soit imposent des règles sans aucune concertation avec les acteurs concernés et qu’il n’existe pas assez de lieux de mutualisation des « bonnes pratiques ». Il semble qu’il y ait beaucoup d’énergie dépensée à réinventer la roue au lieu de la faire tourner plus vite !
Impliquer tous les acteurs
Malgré tout, sous l’égide des collectivités territoriales, des sociétés publiques ou para publiques, des associations professionnelles, des grandes écoles, des clubs de réflexion ad hoc et avec la participation de tous les professionnels concernés, de nouvelles solutions de transport de marchandises en ville pour améliorer notre environnement, diminuer l’empreinte carbone et réduire les nuisances engendrées par les livraisons urbaines en particulier sont étudiées en permanence et testées ou expérimentées. Elles concernent tous les moyens à disposition à ce jour :
– ferroviaire
– métro/RER
– tramway
– fluvial
– camions ou camionnettes (électriques, gaz)
– vélos et triporteurs électriques

Mais attention aux fausses idées simples, voire simplistes. Toutes ces questions sont très complexes, doivent faire abstraction des idées préconçues et demandent souvent des changements d’organisation. Chacun des acteurs a donc un rôle particulier et doit absolument faire partie de la concertation instaurée et indispensable pour une meilleure compréhension des contraintes des uns et des autres et une meilleure implication de tous. Les pouvoirs publics sont là pour indiquer les grandes orientations et les règles générales qu’ils veulent mettre en œuvre, les sociétés publiques et para publiques pour synthétiser et formaliser les solutions évoquées, les associations professionnelles, les grandes écoles, les clubs de réflexion ad hoc pour réfléchir aux solutions à proposer et les professionnels concernés à les tester et les expérimenter.

Toutefois, si les professionnels veulent ne pas se voir imposer des contraintes auxquelles personne n’échappera à un moment ou un autre et surtout s’ils veulent qu’écologique rime avec économique, il est indispensable qu’ils se regroupent pour réfléchir et être force de proposition. Mais aussi et surtout ils doivent accepter de mettre en commun les moyens qui permettront d’assurer des livraisons urbaines répondant à tous les critères du « développement durable » tout en maintenant, voir en améliorant la qualité de service aux clients. Seule la mutualisation permettra de faire mieux, moins cher et plus vite !

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