Publié dans EL WATAN le 23/05/11 – Article de Naima Benouaret

Avec plus de 1300 pétroliers enregistrés à l’entrée et sortie des ports et 2000 autres navires qui transitent par ses eaux, les risques de pollution majeure liés aux industries pétrolière et nucléaire pèsent en permanence sur l’Algérie.

Ces risques se caractérisent par une sinistralité de fréquence certes faible. Toutefois, ils exposent les assureurs en dommages et responsabilité civile (RC) dépassant de loin les limites des polices, c’est-à-dire des sinistres indéniablement graves en termes de dommages. Bien qu’elle soit, pour Pollution côtiere en Agériel’instant, à l’abri du risque nucléaire -la construction de la première centrale est annoncée pour 2020-, l’Algérie reste sous la menace permanente de pollution marine par les hydrocarbures et autres substances dangereuses. Le risque de pollution, accidentelle ou volontaire, s’accroît avec le développement des transports maritimes de substances dangereuses sachant que celles-ci représentent plus de la moitié des cargaisons. Avec la hausse des échanges commerciaux internationaux réalisés par voie maritime dont le volume constitue plus de 90% de son commerce extérieur, les côtes et les ports algériens sont, ainsi, de plus en plus exposés à diverses formes de nuisances.

Les plus importantes d’entre elles sont intimement liées aux opérations de chargement- déchargement des marchandises et aux rejets des navires dans le large ou à l’entrée et sortie de l’espace portuaire. De récentes statistiques font ressortir qu’en moyenne, pas moins de 10 000 navires entrent et sortent des ports algériens, dont plus de 1300 pétroliers assurant le transport de 90 à 100 millions de tonnes d’hydrocarbures. Ce risque de pollution majeure est de ce fait omniprésent, d’autant que plus d’un quart du trafic mondial, soit 400 millions de tonnes de pétrole, passe chaque année par les côtes du Maghreb et que pas moins d’un million de tonnes de brut ou équivalent sont accidentellement déversés dans les zones méditerranéennes. Et, parmi ses voisins des deux rives, notre pays compte le plus grand nombre de points chauds de pollution. Et pour cause, situées près de la principale route maritime en mer Méditerranée, les côtes algériennes voient transiter une moyenne de 2000 navires pétroliers avec, à bord, des dizaines de millions de tonnes d’hydrocarbures et autres substances dangereuses. D’où les risques permanents d’explosion, d’inflammabilité, de toxicité, de radioactivité ou de corrosion. A ce titre, les répercussions sur la couverture internationale de ces risques peuvent être excessivement lourdes à supporter en cas de catastrophe.

Cet entretien, l’assureur-conseil et ancien haut responsable d’une grande compagnie publique nationale, Djamel Abbaci, nous explique justement que l’une des caractéristiques de la pollution dite moderne consiste en l’aspect international des risques, car impliquant l’internationalisation de la prévention et des réponses juridiques aux responsabilités encourues.

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