Article d’Angélique Négroni publié dans LE FIGARO du 19/09/11

Entreprises, collectivités locales et sociétés d’autoroutes encouragent le phénomène.

C’est une consécration : le covoiturage a sa journée nationale organisée ce mardi pour la deuxième année consécutive. Phénomène qui prend de l’ampleur année après année, ce mode de transport est proposé par plus de 200 sites en France et plus de 3 millions de personnes y recourent. Lancé tout d’abord par quelques pionniers isolés, ce service est désormais encouragé par de nombreux acteurs. Parmi eux : les entreprises, les collectivités locales ou les sociétés d’autoroutes. Les premières créent leur propre plate-forme sur le Net pour faciliter les échanges entre employés, les autres comme les départements ou ASF (Autoroutes du Sud de la France) développent une aide complémentaire. Et mettent à disposition des parkings dédiés au covoiturage. Ainsi des passagers qui rejoignent un conducteur pour un trajet partagé, garent leur propre voiture sur une aire de stationnement, comme c’est le cas sur l’A7 au niveau de Valence-Nord. C’est gratuit et cela met fin aux stationnements sauvages que le covoiturage occasionnait.

La multiplicité des offres explique la progression de ce mode de déplacement. Autre raison de cet engouement : la flambée du prix du pétrole, incitant en 2008 les adeptes du covoiturage à se lancer dans les longs déplacements. «Ce sont les célibataires qui, travaillant à Paris, regagnent la province en fin de semaine», explique Frédéric Mazzella, responsable du site leader en France Covoiturage.fr. Les axes Paris-Rennes, Paris-Lyon, Paris-Lille sont les plus demandés. À chaque fois, c’est la garantie de faire des économies. Un exemple ? Un Paris-Lyon est tarifé 20 euros en covoiturage contre 86 euros en TGV ! Covoiturage.fr assure aujourd’hui le transport de 350.000 passagers par mois. «Soit l’équivalent de 700 TGV», se félicite son responsable.

Une tonne de CO2

L’argument financier avait été mis en avant en 2009 par une enquête menée par la Maif. Cette dernière révélait que 94 % des personnes recouraient au covoiturage pour des raisons de coût. L’Ademe, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, livre de son côté un résultat intéressant : «Sur un trajet de 30 kilomètres effectué chaque jour, le covoiturage permet d’économiser 1760 euros par an et par personne.» L’argument écologique, relégué au second rang, n’est pourtant pas négligeable. La même agence estime qu’un covoiturier «économise» en moyenne chaque année une tonne de CO2 environ.

Attractif, le covoiturage est loin pourtant d’avoir atteint ses capacités maximales. Éclatée sur différents sites, l’offre devrait circuler entre les opérateurs, selon Olivier Branellec, président de la Fédération du covoiturage. «Plus on a de choix, plus ça marche», dit-il. Autre piste : le covoiturage dynamique. «C’est pouvoir organiser un trajet en direct à partir d’un smartphone et des nouvelles technologies», explique Patrick Coroller, de l’Ademe. Ainsi, un passager qui cherche une voiture en fait la demande par SMS, tandis qu’un automobiliste, géolocalisé dans la zone, en est averti. Et tous deux font ensuite route commune. À ce jour, plusieurs collectivités expérimentent ce dispositif.

 

2 réponses à “Le covoiturage séduit plus de 3 millions de personnes”
  1. Gil dit :

    « le covoiturage est loin d’avoir atteint ses capacités maximales » : effectivement, il faut bien comprendre les réticences de chacun à pratiquer le covoiturage :
    Cela fait longtemps que la voiture n’est plus considérée comme un moyen de déplacement mais comme une « pièce supplémentaire de la maison »…
    Lorque nous sortons du travail et que nous nous retrouvons dans notre voiture, nous avons le sentiment d’être chez nous.
    Partant de ce constat, on comprend qu’il est aussi difficile de prendre un inconnu en covoiturage que d’inviter un inconnu chez soi.
    Les mentalités doivent évoluer ; le prix du carburant va sans doute y contribuer, de même que la baisse du pouvoir d’achat qui favorisera la valorisation d’un trajet en voiture : mon pouvoir d’achat baisse, mais j’ai une voiture : je peux en tirer parti et me mettre à covoiturer des « sans voiture » pour arrondir mes fins de mois.
    Ces arguments sont purement économiques, mais c’est le seul moteur qui pourra faire changer nos habitudes. Si en plus c’est bon pour la planète…

  2. Gil dit :

    « Un Paris-Lyon est tarifé 20 euros en covoiturage contre 86 euros en TGV ! »

    Sur le plan financier : Petite rectification : en TGV les tarifs vont de 35€ à 86€ selon les horaires et les jours – si on arrive à organiser le déplacement, la différence de prix n’est plus si importante

    Sur le plan pratique : le trajet en TGV dure 2 heures contre plus de 4 heures en voiture (sans embouteillage et sans s’arrêter pour se dégourdir les jambes)

    Sur le plan sécurité : le train est largement gagnant

    Sur le plan environnemental : un trajet lyon Paris en voiture (7cv) émet 100 kg eq CO2, le même trajet en trajet en train : 10 kg « seulement »

    Je suis absolument favorable au covoiturage qui doit encore se développer beaucoup plus… mais en alternative à la voiture individuelle, pas au détriment des transrports en commun.

    Avant chaque déplacement, posons nous les questions suivantes :
    – le déplacement est-il indispensable (assister à la réunion, solutions de conférences téléphonique, de vidéo conférence, de web conférence,…) ? si oui :
    – puis-je me déplacer à pied ou en vélo (ou à roller, skate, trottinette,…) ? Sinon :
    – puis-je utiliser les transports en commun ? Sinon
    – solution de covoiturage
    – en dernier recours, le véhicule individuel.

    Lorsque ces solutions sont possibles, on s’aperçoit qu’elles vont crescendo sur les différents aspects vus plus haut (coût, praticité, environnement, sécurité,…)

    Alors, prêt à changer ?

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