JEUNE AFRIQUE du 22/09/11, propos rapportés par Idir Zebboudj

Depuis quatre ans, la Confédération générale des entreprises du Maroc délivre une certification spécifique aux sociétés engagées dans une démarche de responsabilité sociétale. Et c’est bien plus qu’une question d’image. Explications.

Jeune Afrique : La CGEM est l’instigatrice du label RSE, destiné aux entreprises de droit marocain. Pouvez-vous en rappeler la genèse et expliquer la manière dont la confédération patronale le délivre ?

AZIZ QADIRI : Ce label existe depuis quatre ans maintenant. Sa charte, articulée autour de neuf axes, a été élaborée en respect des principes de l’ONU, de l’OIT [Organisation internationale du travail, NDLR] et de l’OCDE [Organisation de ¬coopération et de développement ¬économiques]. Pour l’obtenir, l’entreprise ¬candidate est auditée par l’un des huit cabinets indépendants habilités par la CGEM. Après audit, chaque dossier est ensuite examiné lors d’un « grand oral » par un comité d’attribution, également constitué de membres indépendants. Une fois obtenue, la labellisation est valable trois ans. Nous entamons ainsi le deuxième millésime du label.

Le label prône, entre autres, la protection de l’environnement, le respect des droits humains, la prévention de la corruption… Ne ratisse-t-il pas trop large ?

On pose souvent la question : « Qu’est-ce que la RSE ? » Elle est la déclinaison du concept de développement durable à l’échelle de l’entreprise. Il a été clairement démontré que la RSE allait dans le sens de la mondialisation en permettant le développement des entreprises dans le respect des employés, de l’environnement, etc. L’objectif n’est pas tant le profit que l’engagement sociétal, qui favorise le développement humain à l’échelle territoriale. Je cite souvent en exemple l’initiative du groupe marocain Delassus [conditionnement d’agrumes], titulaire du label, qui a mis sur pied un système de soutien scolaire au bénéfice des enfants de ses salariés.

Combien d’entreprises de droit marocain sont récipiendaires du label RSE ? Et quelle est la proportion d’entreprises nationales et de filiales de multinationales ?

Actuellement, elles sont au nombre de 40, majoritairement des PME marocaines. Seulement trois filiales de multinationales sont du nombre. Les multi¬nationales n’ont pas besoin des avantages qu’octroie le label, notamment auprès des banques.

Justement, quel est l’intérêt pour une entreprise marocaine de briguer un tel label ?

Un label RSE est d’abord un bon moyen pour une entreprise, au Maroc comme ailleurs, de fidéliser ses salariés, notamment ses cadres. Pour ce qui concerne le Maroc, le label élaboré par la CGEM prodigue un certain nombre d’avantages. La CGEM a en effet scellé des accords avec les administrations générales des douanes et des impôts, ainsi qu’avec plusieurs banques, de sorte que les titulaires du label bénéficient d’un traitement « VIP ». Par ailleurs, en vertu d’un accord passé avec l’ANPME [l’Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise], entre 40 % et 60 % des frais d’audit peuvent être pris en charge.

Ce label a-t-il un impact au-delà du territoire marocain ?

C’est effectivement un moyen pour une entreprise d’accroître son business, en l’aidant à décrocher des marchés auprès de donneurs d’ordre de grande envergure. Aujourd’hui, les grandes sociétés font très attention dans le choix de leurs sous-traitants. Il n’y a qu’à se remémorer l’exemple de Nike, qui a été mis à l’index par des associations de consommateurs pour avoir fait travailler des enfants. C’est pour cette raison que nous incitons les entreprises marocaines à afficher leur label, qui constitue de surcroît un véritable outil de communication.

 

 

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