La 8ème session LOGISTIQUE DECARBONEE s’est déroulée à Avignon, Z.I. de l’Agroparc, le 10 novembre 2011. Nous sommes accueillis par Gilbert Bellès, de la Communauté d’agglomération du Grand Avignon que nous remercions chaleureusement au passage.

Nous avions choisi de tester l’organisation d’une session dans les locaux d’un Institutionnel régional important alors qu’habituellement les sessions LOGISTIQUE DECARBONEE se déroulent au sein de structures privées (industriel, transporteur, logisticien).

Le choix d’une semaine à 4 jours n’a probablement pas eu l’impact positif que nous espérions et de fait de nombreuses personnes n’ont pas pu se rendre disponibles à cette date malgré un réel engagement manifesté, notamment par les entreprises du département.

Nous avons donc été contraints de nous adapter et de ré-organiser la session en 2 temps. Un 1er temps avec les personnes présentes et un 2ème temps avec les personnes qui nous avaient confirmé leur participation et leur vif intérêt pour la session et qui souhaitaient réaliser un apport significatif à LOGISTIQUE DECARBONEE mais qui, pour des impondérables de dernière minute, ont été empêchés.

Nous avons donc par la suite recontacté les interlocuteurs excusés, établi un questionnaire et engagé une nouvelle démarche d’appropriation (en général entreprises privées : chargeurs, transporteurs, distributeurs) visant à mieux visualiser et jalonner des actions concrètes dans le temps.

Présents le 10 novembre 2011 :

Gilbert Bellès –  Grand Avignon

Caroline Founchot – CCI Vaucluse

Gilles Durel – CNR

Michel Gratier de Saint Louis – API RH

Nicolas Rogier – Garrulus Consulting

Gil Doat – Bouclétik

Participants ayant répondu au questionnaire LOGISTIQUE DECARBONEE hors réunion et dont les réponses sont intégrés au compte rendu :

Benoît Oliot – CCI Port Fluvial du Pontet

Guillaume Ponsy – Ducros Express

Alain Cazelles – McCormick France

Thierry Vernet – Groupe Berto

Emmanuelle Paing – Conseil Général de Vaucluse

Hélène Rogier – Transports Heppner

Yassine Zriaa –  Transfert Logistics

Marc Boucet – Mairie d’Avignon

Cyril Pinero – Novatrans

Krim Choufa – DHL Danzas Fashion

Les commentaires émis par les personnes non présentes physiquement à la session LOGISTIQUE DECARBONEE, sont rédigés en italique.

Plan Climat Energie Territorial

Gilbert Bellès a présenté rapidement le PCET du Grand Avignon qui est aujourd’hui intégré à l’Agenda 21 sur Air Climat Energie.

• Un Bilan Carbone® va être fait prochainement sur la communauté de communes

• Le tramway devrait réduire la part de la voiture individuelle

• Dans le bâtiment, des préconisations sont établies dans l’aménagement : un gros travail sera fait avec les communes notamment sur les Bâtiments Basse Consommation.

• Certaines compétences des communes seront intégrées au Plan Climat Energie Territoriaux.

Sur la structure du Grand Avignon, 15 véhicules de fonction : un plan devrait prochainement être mis en place afin de suivre les consommations et d’agir pour en réduire leur impact.

Gilbert Bellès nous indique que le SCOT est maintenant finalisé et couvre 4 intercommunalités (Avignon, Sorgues, Monteux, Roquemaure), mais les intercommunalités du nord du 13 ne sont pas intégrées, alors qu’elles font vraiment partie du bassin de vie des employés. Il s’agit là de l’exemple de considérations politiques divergentes de la réalité du terrain.

Sur le site du Bassin de Vie Avignon peuvent être téléchargés les documents du SCOT : http://www.avignon-bassindevie.fr/

Marc Boucet indique au niveau de la ville d’Avignon que le calcul et la communication des émissions de CO2 constituera le volet Bilan carbone « patrimoine et services » du Plan climat qui doit être élaboré avant fin 2012. Un bilan GES du territoire sera aussi réalisé en lien avec le Grand Avignon. (Un CCTP est actuellement en cours de finalisation et le marché devrait être lancé dans le premier trimestre 2012, avec pour objectif de disposer du profil « climat » du territoire et de la collectivité avant la fin de l’année 2012).

Pour le Conseil Général, Emmanuelle Paing indique (même si cela ne relève pas directement de sa compétence) que le département participe, lui aussi, à hauteur de 50% aux abonnements transport public. Il y a sur plusieurs sites des lieux de stationnement pour les vélos. Un site (situé route de Lyon) dispose de VAE (Vélos à Assistance Electrique) pour les déplacements professionnels.

Le Département s’est engagé dans un plan énergie climat territorial qui devrait voir la réalisation d’un bilan carbone. Des discussions sont en cours pour un PDA en concertation avec les gros employeurs d’Avignon centre. Emmanuelle Paing espère que le Département va s’engager dans la démarche.

Multimodalité du transport de marchandises

Cyril Pineiro de Novatrans, précise que le calcul des émissions de CO2 représente un réel avantage produit du transport multimodal. La communication est axée sur ce sujet : ci-joint un exemple de communication sur le trajet direct Avignon-Valenton pour un 40’

L’outil http://www.viacombi.eu/fr/ a pour objet de faciliter l’intermodalité : Cyril Pineiro confirme le grand intérêt de cet outil qui permet de bien faire connaître l’offre de multimodalité existant en France : cet outil doit absolument avoir une couverture européenne.

Pour Novatrans, il faut bien distinguer la zone de pertinence du transport combiné par rapport à la route. Le TC est pertinent sur des longues distances (600kms) ; et aujourd’hui, il ne touche qu’une partie des trafics sur ces distances et sur des axes bien définis.

L’offre sur Avignon est la suivante :

3 trains Avignon / Paris quotidiens et aller-retour

2 trains Avignon / Dourges (62) quotidiens et aller-retour, avec connexion possible jusqu’à Anvers.

soit un potentiel d’environ 40 000 véhicules / an / sens.

La clientèle de transporteurs y est très diversifiée : messagers, groupeurs, lots complets, frigo, grand volume, vrac alimentaire, vrac industriel…

Au total le terminal d’Avignon exploite près de 90 000 manutentions / an.

Hélène Rogier, chef d’agence Transports Heppner d’Avignon, confirme être toujours intéressée par l’offre ferroviaire vers le nord (comme déjà indiqué en 2010), mais Le marché attendu au départ du 59 n’ayant pas été obtenu, ils n’ont pas pu mettre cette navette en place, tributaire de l’issue des négociations commerciales.

Concernant le trafic fluvial, Gilles Durel indique que, d’après lui, le GPMM ne joue pas encore le rôle moteur de un fournisseur majeur d’opportunités au trafic fluvial. Le problème essentiel sur Distriport réside dans le fait qu’un conteneur débarqué de la mer, puis dégroupé et mis sur caisse pour repartir par la route ou éventuellement le rail. Mais les marchandises ne sont pas remises en conteneur pour prendre le transport fluvial.

Le chantier combiné rail route de Champfleury est le 2ème par la taille en France : il est primordial que les entreprises du territoire d’Avignon puissent être amenées à l’utiliser plus massivement.

Pour le port fluvial du Pontet, Benoît Oliot précise qu’aujourd’hui la problématique du transport fluvial est qu’il n’est en rien adapté aux conteneurs sur les longues distances: une péniche Freycinet de 230 tonnes (gabarit permettant de voyager au-delà de Pagny vers le nord de la France) ne peut transporter au mieux que 4 conteneurs : il est donc évident dans ces conditions que les coûts ne seront absolument pas compétitifs.

De plus le port du Pontet n’est pas adapté au chargement de conteneurs.

Déplacement de personnes

Gilbert Bellès indique que la communication de l’affichage environnemental pourrait se faire dans les autobus avec le panneau d’affichage qu’ont quasiment tous les autobus actuellement.

Michel Gratier de Saint Louis – API RH (MGR), expert Ressources Humaines du secteur des Transports pense qu’il y a des marges de progrès considérables permettant d’intégrer dans les rémunérations des collaborateurs le facteur de l’incitation, qui par ailleurs ne peut passer que par la motivation ou la contrainte.

Gilbert Bellès revient sur la charte d’engagement CO2, désormais applicable au transport de voyageurs est intéressante à mettre en œuvre, surtout dans la perspective d’un affichage du CO2. Gilbert Bellès va essayer de promouvoir l’idée en interne.

Gilles Durel donne l’exemple de certaines zones logistiques en Rhône-Alpes (ex. : plaine de l’Ain) qui sont tellement excentrées des infrastructures de transport en commun ou des services publics, que les employeurs ont énormément de mal à recruter (problèmes d’accessibilité sans voiture, problème de garde d’enfants,…)

Liens entreprises – collectivités

Gilbert Bellès est convaincu qu’il est impératif de relancer un nouveau mode de partenariat avec les entreprises au travers de plateformes d’échanges efficaces et ancrées au terrain. Gilles Durel quant à lui insiste sur le fait est fondamental de penser global et d’agir local ; ceci permet de s’affranchir des luttes de pouvoir locales.

Gilbert Bellès reprend l’exemple le plus parlant sur le territoire de la situation géographique sur 3 départements et 2 régions qui aboutit à certaines incohérences de fonctionnement : l’intercommunalité actuelle, ainsi que la nouvelle (prévue pour 2013) excluent du territoire d’Avignon le nord des Bouches du Rhône qui est pourtant très pourvoyeurs de logements pour beaucoup de travailleurs du Grand Avignon (à mettre en lien avec la décision du préfet et des services de l’Etat).

Un exemple parlant de cette problématique est évoqué par Gilles Durel : une entreprise de fabrication d’engrais et nitrate dans la région de Lacq (64) qui utilise du transport maritime au départ du port de Port-la-Nouvelle sur la Méditerranée (380 km) : afin de réduire ses coûts de transport et son impact environnemental par le transport routier, l’entreprise a reçu une proposition de la part du port de Bordeaux (220 km). Mais plusieurs élus de Bordeaux sont montés au créneau refusant que cette entreprise vienne charger ses conteneurs à Bordeaux… malgré le gain environnemental national.

Gilles Durel indique par ailleurs que sur Lyon, il existe une expérimentation d’un bateau électrique alimenté par des panneaux photovoltaïques sur son toit, mais la rentabilité d’un tel investissement est très faible. Il précise également que VNF a mis à disposition sur son site internet un économie-comparateur très performant : http://www.vnf.fr/eve/

Quelles actions concrètes ?

Gilbert Bellès nous indique que la filière professionnelle du bâtiment a par exemple mis en place également un éco-comparateur pour les travaux publics permettant d’évaluer l’impact environnemental des :

• Produits                                                  • Transports

• Consommations énergétiques      • Engins de chantier

Gilles Durel indique que la CNR possède un parc de 700 véhicules de fonction sur un total de 1 400 collaborateurs. Des actions sont menées dans certains domaines, comme par exemple le suivi des pneumatiques. Il est vrai qu’aujourd’hui le suivi environnemental n’est pas intégré sur la fiche de paye des collaborateurs, néanmoins, les directeurs ont quelque marge de manœuvre dans l’attribution des primes et peuvent de ce fait les conditionner à des comportements (chiffrables) énergétiques – aujourd’hui il existe certaines contraintes sur les véhicules de fonction comme la limite des émissions de CO2.

Krim Choufa indique avoir économisé une traction retour sur Paris en organisant un co-chargement avec les transports Blanchet de la zone de Courtine : DHL Danzas Fashion charge une semi de vêtements à Paris, pour le retour de la semi : Blanchet la charge avec des fruits et légumes au départ d’Avignon.

D’autres transporteurs indiquent être prêts à mettre en œuvre du co-chargement même avec des concurrents : Guillaume Ponsy pour Ducros Express, YZR pour Transfert Logistics mais si bien sûr les produits ne présentent pas d’incompatibilité.

Par ailleurs, Yassine Zriaa indique que sur le parc de véhicules de Transfer Logistics (10 tracteurs + semis et 5 porteurs), ils répondent tous aux dernières normes en termes d’émissions de CO2 (Euro V).

De son côté, Thierry Vernet du Groupe Berto, ayant mis en place la charte d’engagement CO2 avec l’ADEME indique que cet outil lui permet de manière simple de mesurer les émissions de CO2 des transports réalisés : cette mesure sera incontournable à horizon 2013, lorsque la communication envers les clients deviendra obligatoire.

De plus, chez Berto, la consommation de carburant rentre dans la rémunération variable des conducteurs. Mais aujourd’hui, le lien n’est pas fait avec le critère émissions de CO2.

Nous avons pu également toucher du doigt que ce genre de communication n’est pas encore aujourd’hui instituée dans les grands groupes de transport : Guillaume Ponsy de Ducros Express nous indique ne pas avoir été informé par la direction des futures obligations en matière d’affichage environnemental, et ne pas savoir non plus qui est charge de ce sujet dans l’entreprise. D’ailleurs à ce jour, aucun client ne s’est encore préoccupé de ces questions.

Une question a été posée spécifiquement afin de savoir si les entreprises avaient déjà mis en place un système de rémunération tenant compte du critère « émissions de CO2 » :

• Yassine Zriaa indique que l’entreprise n’est pas en mesure de calculer un tel critère aujourd’hui

• Guillaume Ponsy indique qu’un tel système n’est pas en vigueur dans l’entreprise

Seul le Groupe Berto a donc instauré un tel système (sur la consommation de carburant)

Du côté des chargeurs, Alain Cazelles de McCormick n’impose pas aujourd’hui à ses fournisseurs de transmettre les émissions de CO2 du fait de critères relativement complexes. A moyen terme ces critères devront être intégrés dans les décisions.

Pour la mairie d’Avignon, Marc Boucet rappelle que la ville :

• prend en charge pour ses salariés 50 % de l’abonnement des transports en commun (TCRA et TER) et de l’abonnement annuel Vélo Pop (vélos en libre service)

• met à disposition des vélos, pour les déplacements des salariés autour du centre ville

Ce type d’action devrait en outre être renforcé à l’occasion du futur PDA (Plan de Déplacement Administration)

La 8ème session LOGISTIQUE DECARBONEE s’achèvera, une fois encore, sans « langue de bois », autour d’un buffet campagnard servi dans les locaux même du GRAND AVIGNON dont nous avons apprécié l’hospitalité et que nous remercions.

 

Une réponse à “8ème session Logistique Décarbonée en Région Provence-Alpes-Côte-D’azur : Avignon Vaucluse”
  1. Guillen Franqueval dit :

    Comment peut -on justifier que tout ce département de Vaucluse soit devenu un véritable capharnaüm, le territoire champion de la grande distribution qui détient le record de surface commerciale de France !!! Un modèle d’aménagement du territoire complètement essoufflé et qui génère des déséqulibres profonds au niveau scio-économique.
    Où est donc passé le magnifique Comtat-Venaissin d’antan ???

  2.  
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