La 14ème Session Logistique Décarbonée à Saint-Martin-De-Crau (Région Provence-Alpes-Côte-d’-Azur)

Nicolas ROGIER et Gil DOAT choisissent d’organiser la 14ème session LOGISTIQUE DECARBONEE sur la plateforme logistique de Castorama située sur la ZI de Ecopôle de Saint-Martin-De-Crau et exploitée par Norbert Dentressangle.DSC08529

Les vifs remerciements sont tout d’abord adressés à Philippe Duhamel et son équipe, étroitement associé à l’organisation de cet évènement, et déjà impliqué sur les premières sessions Logistique Décarbonée en 2010.Enrichie de la présence de chargeurs, transporteurs et représentants des collectivités territoriales du bassin de St-Martin, cette session était centrée sur une réflexion opérationnelle autour des gisements d’opportunités de réduction d’émissions de CO2 sur les filières Transports et par extension sur les déplacements.

Cette session aura permis de développer la sensibilisation des acteurs présents autour des enjeux CO2 au travers d’apports de contexte (énergie, prospective, etc.) de la présentation d’outils opérationnels et de dispositifs mis en œuvre par les collectivités territoriales compétentes.

Des échanges nourris, fondés sur des retours d’expériences vécues ont également été de nature à renforcer les liens de connaissance entre notamment le secteur privé et les fonctionnaires territoriaux en charge des sujets environnementaux et transports.

 

Etaient présents le 30 Mai 2013 :

Castorama Philippe Duhamel

Norbert Dentressangle Henri-Pierre Morand-Savelli

Norbert Dentressangle Michel Blanchet

Berton SA Séverine Berton

Trans Gourmet Charlotte Boddaert

•  Somefor Jean-Marie Darnoux

Communauté d’agglomérations ACCM Bruno Defour

Provence Promotion Gayané Faravel-Shahinyan

Mairie de Saint-Martin-De-Crau Florence Gerbaudo

Mairie de Saint-Martin-De-Crau Mireille Henry

Somefor Gabriel Lorenzati

Cluster Paca Logistique Emmanuelle Moesch

Transport JRDF Frédéric Mouton

SED Edouard Naddeo

Reuilly Presta Services Jean-Michel Reuilly

Bouclétik Gil Doat

Garrulus Consulting Nicolas Rogier

Bouclétik Alexandre Pivano

 

Les participants à la session, réunis pour l’occasion dans les installations des locaux de CASTORAMA, sont accueillis par ses animateurs ainsi que les représentants de la société.

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En introduction, Nicolas ROGIER présente la communauté LOGISTIQUE DECARBONEE constituée à ce jour de plus de 200 entreprises de transport, de logistique, des chargeurs et Institutionnels de la Région PACA réunis autour des problématiques environnementales de ce secteur.

Rappelons que le bassin de St-Martin de Crau est plus largement la Communauté d’agglomération ACCM sont de par leur situation géographie des zones à fortes concentration d’activité logistique et, de ce fait, un bon terrain d’expérimentation et de retours d’expérience.

Un bulletin d’information de type Newsletter sur ces thèmes est édité chaque mois et adressé à tous participants en copie ouverte, de manière à ce que chacun puisse retrouver l’adresse mail des autres participants aux autres sessions et permettre ainsi de continuer à échanger au-delà des sessions.

Cette introduction est suivie d’un rappel des enjeux énergétiques influant sur les perspectives pour l’organisation et le développement des chaînes des transports.

Gil DOAT évoque les tensions qui s’appliquent au marché pétrolier et les turbulences d’un contexte géopolitique changeant qui annoncent des incertitudes majeures sur les approvisionnements en énergies fossiles. Les interlocuteurs présents confirment que ces enjeux devraient être une priorité majeure y compris au sein de leur propre entreprise.

Des atouts stratégiques évidents pour une zone à forte attractivité pour la logistique

Lorsqu’Edouard Naddeo, PDG, crée SED (Sud Engrais Distribution), il mise sur une localisation géographique bien déterminée. Sur la zone portuaire d’Arles, SED est le seule producteur / distributeur d’engrais présent à cette époque, essentiellement pour des raisons d’enjeux logistiques (transport fluvial et ferroviaire). Edouard Naddeo utilise alors le branchement fer ainsi que les barges pour transporter ses marchandises sur un rayon de 360 Km, pariant sur les capacités multimodales SEDDSC08534

Il suffit de circuler sur la proximité immédiate de la zone logistique sur laquelle nous sommes réunis pour comprendre les interactions, les paradoxes, les contrastes entre la nécessité de conserver et préserver milieu naturel, cadre d’exception et offrir le meilleur cadre au développementéconomique.

Mireille Henry, Adjointe au maire de Saint-Martin-De-Crau, Déléguée Développement Durable, présente de son côté les démarches territoriales engagées par la Mairie en matière de Développement Durable et notamment l’Agenda 21 : 64 actions sont décidées avec une application à des termes divers. Une priorité est donnée aux impacts sur l’environnement (Air, Eau, Déchets…). Actuellement la Mairie planifie la mise en œuvre des actions prioritaires.

Edouard Naddeo, rebondit sur la présentation de l’Agenda 21 de Mireille Henry, en incluant le rapport au Grenelle de l’environnement et en mettant en exergue l’importance qu’a la multi-modalité dans ces plans d’actions.

Bruno Defour, Responsable du développement économique et du Plan Local d’Urbanisme à la Communauté d’agglo ACCM, expose la problématique du rattachement de la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer à une Communauté et plus largement de l’objectif de faire prospérer les entreprises des zones d’activité de Saint-Martin-De-Crau et notamment avec le projet de regrouper l’Ecopôle et la ZI du Bois de Leuze en une même zone d’activité économique de 400 hectares.

A terme, la filière logistique devait peser 500 000 m2 de surface d’entrepôt logistique. La proximité immédiate de Marseille / Fos ainsi que de la zone d’activité de Clésud devraient autoriser l’optimisme.

Bruno Defour expose également dans les grands lignes les projets de l’ACCM de créer des logiques de dessertes écologiques, industrielles et de développement durable ainsi que de développer des industries culturelle et patrimoniale.

Bruno Defour, déplore un manque d’évènements destinés à rassembler les différents acteurs économiques du territoire. Nous sommes heureux de contribuer, par l’entremise de cette 14ème session Logistique Décarbonée, au « décloisonnement » et à la mise en réseau d’acteurs aux missions à la fois diverses mais convergentes.

Florence Gerbaudo, Responsable pôle environnement à la Mairie de Saint-Martin-De-Crau, affirme chercher des acteurs intéressés par ce genre de manifestations.

Jean-Michel Reuilly, gérant de REUILLY PRESTA SERVICES et élu à la Chambre de Commerce et d’Industrie, précise que dans le cadre de ses fonctions, il se déplace à travers la commune pour rencontrer les différentes entreprises qui y sont implantées. De plus, il déplore un manque de volonté de la part des institutions et entreprises à se rencontrer.

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Philippe Duhamel, Responsable Transport chez Castorama, informe que dans le Nord de la France les rencontres inter-entreprises sont courantes, contrairement au Sud de La France, qui commence à peine à réaliser en quoi ce genre de rassemblement est important pour le développement économique d’un territoire.

 

Entre éducation et normes gouvernementales.

En ce qui concerne les normes en vigueurs, Séverine Berton, DG de Berton SA, une PME familiale qui intervient dans le domaine de la construction précise, qu’en tant que petite structure, elle ne fait que subir les réglementation plus qu’elle ne devrait en tirer profit : « L’affichage C02 c’est de l’argent foutu en l’air ».

De son côté, Florence Gerbaudo, tempère en rappelant que les réglementations sont nécessaires à la sensibilisation des acteurs économiques en matière de développement durable et notamment de réduction de GES ainsi qu’à l’insertion de nouveaux modèles logistiques, et de fonctionnement dans les entreprises .

 Philippe Duhamel propose une voix discordante : « pour moi l’affichage C02 c’est une niche, cela m’a permis d’accéder et de m’implanter sur de nouveaux marchés ». Donnant l’exemple de la Charte CO2 qui s’est converti en un critère de sélection des prestataires Transport du groupe Castorama qui finalement, eux même engagés dans une démarche vertueuse, y trouvent également leur compte. Philippe Duhamel indique par ailleurs que le groupe Castorama est engagé dans la démarche de notation TKBlue.

Il est également rappelé que plusieurs autres grands donneurs d’ordre imposent dorénavant à leur transporteur l’engagement dans la charte CO2 : l’Armée, Evian, Intermarché, Carrefour,…

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Edouard Naddeo qui préfère miser sur l’efficacité de l’initiative privée, relate l’importance de l’éducation dans l’évolution des mentalités et comportements de consommation et d’investissement, précisant que l’éducation prime sur les règles gouvernementales.

Mireille Henry, rebondit et stipule que l’éducation comme les normes gouvernementales sont nécessaires à la bonne évolution de notre société et des rouages qui l’animent.

M. Duhamel, fait ainsi l’éloge d’une Charte CO2, en précisant que les transporteurs « chartés » voient leurs consommations de carburants mieux maitrisées, leur permettant d’investir dans du matériels plus respectueux de l’environnement et surtout moins consommateur d’énergie.

Suite à la réflexion de M. Naddeo : « vous parlez de coûts mais pas d’impacts », Emmanuelle Moesch, Chargée de Mission au Cluster Paca Logistique, indique qu’au même titre que les consommations baissent, les impacts diminuent quasi proportionnellement.

 

La délocalisation pointée du doigt !

Mireille Henry, élue de St-Martin de Crau, dénonce la désindustrialisation progressive, déplore la disparition du « Made in France » dans nos magasins et super marché : « Je n’arrive pas à trouver une simple bassine avec l’étiquette « Made in France », et de dénoncer de surcroit l’empreinte environnementale négative associée à ces productions fortement consommatrices de transport et de conditionnement et serait favorable à une taxe environnementale sur les produits qui proviennent du bout du monde.

Séverine Berton, précise que seuls 30% des marchandises « Made in France » sont en réalité produites sur le territoire français, faisant référence aux produits dont les pièces sont majoritairement fabriquées à l’étranger, puis assemblées en France.

Philippe Duhamel informe que 40% des références commercialisées par Castorama proviennent du Sud-Est asiatique contre 60% pour l’Europe.

Il précise que, malgré les idées reçues, les coûts de production en Chine tendent à se renchérir (coût de stockage, transports, main d’œuvre).

 Edouard Naddeo, accuse le manque de contrôle des produits importés de l’étranger, notamment les produits interdits en France, utilisés pour l’exploitation (ex : pesticides utilisés dans les cultures) ou la production de biens, mais légaux dans d’autres pays.

« qu’est-ce qu’on est prêt à payer ? ». Il faudrait imposer des taxes environnementales et sociales à ces autres pays.

 

Séverine Berton : « beaucoup de choses nous dépassent en tant que petite structure », par cette remarque, Mme Berton, fait référence aux choix que les très grandes entreprises prennent, notamment concernant la délocalisation.

 

La zone du Bois de Leuze est-elle durable ?

Philippe Duhamel, fait part du projet de la future implantation du site logistique Castorama sur une construction de bâtiments Haute Qualité Environnement (HQE). Il précise qu’à la différence d’autres zones comme celle de Clésud, la zone de Saint-Martin-De-Crau s’est développée progressivement, d’où la pauvreté d’infrastructures HQE et autres installations respectueuses de l’environnement.

 Mireille Henry, prend l’exemple de l’éclairage probablement excessif de la zone : « c’est éclairé comme en plein jour » déplorant des consommations d’énergie inutiles et une gestion des déchets à revoir. Sur ce sujet, Madame Henry est favorable à l’utilisation des toits des entrepôts pour l’installation de panneaux solaires, mais ces propositions ne convainquent pas encore complètement la majorité des élus qui viennent d’installer une ferme solaire au sol.

 Henri-Pierre Morand Savelli, Directeur de site Norbert Dentressangle dédié CASTORAMA, informe cependant que de nombreuses mesures on été prises concernant ces problématiques.

Pour sa part, Bruno Defour, fait part de la volonté de l’ACCM de s’engager sur des projets d’écoconstruction avec les acteurs de la zone, mais en même temps rappelle la réalité d’une frilosité des investisseurs potentiels au regard des interrogations sur la rentabilité réelle de certaines autre zones proches (Clésud ?). A ces projets d’écoconstruction seront accolés des critères d’emplois locaux.

Jean-Michel Reuilly, de la CCI d’Arles, explique, que le développement des zones d’activité de la zone est de toute façon conditionné par le risque d’inondation. D’autre part, il informe sur les extensions d’infrastructures réalisées sur le port d’Arles, de nature à accroitre la capacité de traitement de flux containers.

Concernant les déplacements voyageurs, Mireille Henry attire l’attention sur la multiplication des arrêts et horaires de train de la Gare de Saint-Martin-De-Crau, durant les heures de pointe, ainsi que sur l’agrandissement du parking d’accueil.

 

Les enjeux de la logistique urbaine en confrontation avec la réalité territoriale

Nicolas Rogier, cède la parole à Emmanuelle Moesch, lui proposant de présenter le Cluster Paca Logistique et plus précisément d’intervenir sur les problématiques de la logistique urbaine, en tant que chargée de mission logistique urbaine.

Celle-ci indique que le dernier kilomètre est connu pour être le plus consommateur d’énergie, le plus polluant, et au final, le plus couteux sur la chaine logistique. Elle précise que parmi les particules rejetées en ville, celles qui émanent des véhicules de livraison sont les plus nombreuses et les plus nuisibles pour la santé humaine. Insistant sur la pression des acteurs économique présents en centre-ville, la volonté d’être livrés à temps et quotidiennement par leur transporteur attitré :« il est difficile de faire changer les habitudes des consommateurs, notamment avec un modèle de logistique urbaine aussi complexe. »

Charlotte Boddaert, Responsable Logistique chez TransGourmet, attire l’attention des institutionnels de façon générale quant aux difficultés que rencontrent les distributeurs et les transporteurs pour accéder aux centres ville, souvent mal agencés et organisés.

De son côté, Philippe Duhamel regrette la multiplicité des dispositifs de paiement à l’entrée des centres-villes ainsi que les contrôles, trop nombreux et prend l’exemple de la ville de Pau où les livraisons PL en centre ville ne sont que sur autorisation et coûtent 42 € par livraison.

On comprend aisément que sur ce chantier majeur, une des clés du succès consiste en la capacité des acteurs à se mettre en réseau et à mutualiser une partie de leurs activités.

Le report-modal, un modèle encore mal appréhendé. Le dispositif ECO-TRANS

Deux visions basées chacune sur la pratique et l’expérience s’affrontent immédiatement sur un sujet qui enflamme les débats à chacune de nos sessions…

D’un côté Philippe Duhamel, Castorama, plutôt partisan :« le fer ne coûte pas plus cher que la route, ça fonctionne bien, il y a simplement un problème d’équilibre entre les trains qui sont acheminés complets et les trains de retour souvent quasi vides, sachant qu’un train doit être payé pour un Aller/Retour ».

De l’autre, Edouard Naddeo, qui peut se prévaloir d’une expérience sur la durée dans la région PACA : « J’ai tout accepté pour utiliser le train, de jour comme de nuit, mais au final ça ne fonctionne pas » et d’étayer son raisonnement sur un constat : « On n’arrive pas à avoir des trains réguliers pour acheminer ses marchandises.

 Philippe Duhamel : né d’un accord avec Réseau Ferré de France (RFF) il y a 3 ans, Eco-Trans, est destiné à promouvoir le report-modal. Plus concrètement, une ligne fret ferroviaire entre Lille et Lyon est co-chargée en accord avec Conforama. Il s’agit pour Castorama de charger la descente nord-sud sur Lyon tandis que Conforama assure le chargement pour le retour sur Lille.

Il nous informe avec regret, que suite à une confrontation avec RFF, celui-ci est sorti de l’association.

Il enchaine, avec la présentation des objectifs d’Eco-Trans :

• Multiplication des canaux de distribution (internet, point relais…),

• Massification des flux,

• Implantation de l’enseigne sur de nouveaux marchés,

• Mise en œuvre d’actions développement durable afin de diminuer leur empreinte écologique ainsi que « de rendre à la nature ce qu’ils ont pris »,

• Développement d’infrastructures HQE,

• Mise à disposition de navettes interzones et d’acheminement pour les employés,

• Négociation avec les fournisseurs pour des produits moins consommateurs d’énergie

• Développement d’une nouvelle structure logistique avec l’utilisation du multimodal

 

Philippe Duhamel regrette la baisse de l’utilisation des infrastructures ferroviaires, car RFF demande des investissements beaucoup trop lourds à supporter, surtout face à la conjoncture actuelle : 4,5 Millions d’euros dont 3 Millions en signalisations et 1 Million en infrastructures uniquement pour raccorder leur futur entrepôt au réseau.

Pierre-Henri Morand Savelli, rebondit en dénonçant l’abandon de certains acteurs de la zone pour Miramas au lieu d’aider au développement des zones de Saint-Martin-De-Crau.

Philippe Duhamel prend l’exemple regrettable de fret ferroviaire utilisé pour des flux d’approvisionnement de carrelage au départ de l’Italie et pour lequel les retours sont quasiment à vide. Edouard Naddeo, identifie immédiatement une opportunité de proposer des chargements retour pour l’Italie sur ses activités engrais.

La session se termine autour d’un buffet durant lequel les débats continuent d’être animés. Nous remercions à nouveau Philippe Duhamel de Castorama ainsi que Messieurs Pierre Henri Morand Savelli et Michel Blanchet de Norbert Dentressangle pour leur accueil convivial.

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Une réflexion au sujet de « La 14ème Session Logistique Décarbonée à Saint-Martin-De-Crau (Région Provence-Alpes-Côte-d’-Azur) »

  1. Le groupe KINGFISHER un modèle Développement Durable, vous voulez rire ???
    les grands distributeurs européens (almientaire et spécialisés) lamiment literralement les territoires sur lesquels ils opèrent leurs fluex et ensuite ils s’achètent la bonne conscience en communiquant via leurs transports . C’est le grand GUIGNOL

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