La 16ème Session Logistique Décarbonée à Chorges, Gap – Hautes-Alpes (Région Provence-Alpes-Côte-d’-Azur)

Nicolas ROGIER et Gil DOAT choisissent d’organiser la 16ème session LOGISTIQUE DECARBONEE le 6 novembre dernier, dans les installations de la société CANAVESE – HAPIAN, groupe régional de distribution de fruits et légumes.

Les vifs remerciements sont tout d’abord adressés à Daniel Hapian, responsable du site ainsi qu’à Bruno Durand, Directeur des transports du groupe, accompagné d’Anaïs Dufetel, responsable environnement. La société CANAVESE nous avait déjà accueillis à son siège d’Aubagne lors d’une précédente session.DSC09043_bis_Participants_300x225

Enrichie de la présence de chargeurs, transporteurs et représentants des collectivités territoriales du Gapençais, cette session était centrée sur une réflexion opérationnelle autour d’opportunités locales et concrètes de réduction d’émissions de CO2 spécifiques à un territoire de montagne.

Cette session aura permis de poursuivre une dynamique déjà bien engagée dans la mesure où la majeure partie des prestataires présents sont impliqués dans la maîtrise de leurs impacts.

Des échanges nourris, basés sur des retours d’expériences vécues ont permis d’améliorer les liens de connaissance entre notamment le secteur privé et les élus locaux, sur des sujets environnementaux et transports à forts enjeux.

 

Etaient présents le 06 novembre 2013 :

 • Canavese – Hapian Daniel Hapian

Canavese – Hapian Bruno Durand

Canavese – Hapian Anaïs Dufetel

Assemblée Nationale Claire Bouchet (circonscription 05)

Transports Davin Lionel Davin

Transports Trans Energie Patrick Garavagno

Société Alpoeuf Yves Lesbros

Garrutik Gil Doat

Garrutik Nicolas Rogier

 

Les participants à la session, réunis pour l’occasion dans les installations des locaux de CANAVESE-HAPIAN, sont accueillis par ses animateurs ainsi que les représentants de la société.

Cession de travail
Cession de travail

En introduction, Nicolas ROGIER présente la communauté LOGISTIQUE DECARBONEE constituée à ce jour de plus de 200 entreprises de transport, de logistique, des chargeurs et Institutionnels de la Région PACA réunis autour des problématiques environnementales de ce secteur.

Rappelons que le secteur de Gap et son agglomération présente une géographie particulière, en périphérie de la région PACA, avec des concentrations de flux relativement limités, certes, mais des particularités qui en font de ce fait, un bon terrain d’expérimentation et de retours d’expérience.

Un bulletin d’information de type Newsletter sur ces thèmes est édité de manière bimestrielle et adressé à tous participants en copie ouverte, de manière à ce que chacun puisse retrouver l’adresse mail des autres participants aux autres sessions et permettre ainsi de continuer à échanger au-delà des sessions.

Cette introduction est suivie d’un rappel des enjeux énergétiques influant sur les perspectives pour l’organisation et le développement des chaînes des transports.

Gil DOAT évoque les tensions qui s’appliquent au marché pétrolier et les turbulences d’un contexte géopolitique changeant qui annoncent des incertitudes majeures sur les approvisionnements en énergies fossiles. Les interlocuteurs présents confirment que ces enjeux devraient être une priorité majeure y compris au sein de leur propre entreprise.

 

Le débat sur l’écotaxe : un contexte général sensible.

Notre session coïncidait à un jour près aux échanges nourris entre les différentes parties prenantes à l’introduction de l’Ecotaxe. Ce dispositif, prévu dans le principe pour financer les infrastructures permettant le report modal, étant perçu par une partie significative des transporteurs et leurs organes de représentation comme une taxe supplémentaire alourdissant les charges des entreprises de transport, celles-ci n’ayant très probablement pas la capacité de négociation suffisante pour la répercuter aux chargeurs, ce qui est normalement prévu.

D’autres problèmes techniques sont également abordés :

– Faible précision de positionnement des boitiers

– Incapacité pour Ecomouv de fournir une facture détaillée des trajets taxés : ils ne peuvent envoyer qu’une facture globale

– Comment argumenter auprès des clients et à qui refacturer les km faits à vide et taxés ?

Au travers de ces frictions évidentes, on comprend qu’il n’était pas aisé d’intervenir une nouvelle fois sur la thématique de la réduction de l’empreinte CO2. Et pourtant, des pistes de réflexion ont pu émerger …

 

Enjeux pour les Hautes-Alpes et réalité

Plusieurs transporteurs des Hautes-Alpes présents : Davin, Transenergie, Canavese (au travers de sa filiale Transports propre) ont pris le pari il y a 2 ou 3 ans de s’investir sur une démarche concrète de leur empreinte énergétique en s’associant au développement de la « Charte CO2 les transporteurs s’engagent », la motivation à se lancer dans un tel projet est double : la pression d’un ou plusieurs chargeurs importants (en général des industriels ou groupes de distribution intégrés) et un réel souci de respect pour l’environnement. Au final, les efforts se traduisent par des économies de carburant, ce qui ne peut que conforter ces décisions.

Doit-on pour autant en déduire que dans les Hautes-Alpes, le seul label Charte CO2 exonère d’une posture de vigilance de tous les instants ? Lionel Davin de préciser que son engagement structuré ne l’a pas empêché d’enregistrer des baisses de volumes significatives chez un de ses clients top 5. L’ensemble des prestataires présents s’accordent à penser que le chargeur doit beaucoup plus s’impliquer sur ces sujets, d’une façon plus transparente et, lors de la sélection des transporteurs véritablement asseoir le choix sur une grille de critères ne se limitant pas qu’au prix, mais également à la différenciation sur le service et la maitrise des impacts CO2.

Bruno Durand, quant à lui, constate que le pavé environnemental prend de plus en plus de place dans les appels d’offre, mais ce n’est pas encore un critère de choix ou de sélection : il faut le renseigner sans plus.

Selon lui, les marchés publics qui représentent une part importante de l’activité de Canavese sont plus axés sur le sujet.

Certains présents affichent une humeur plutôt positive. Yves Lesbros, éleveur de volailles pour la ponte et donc commerçant en gros d’œufs de qualité fait part, au travers d’un exemple qui peut paraitre anecdotique, du cas de son entreprise 100% familiale qui, à rebours du modèle intensif breton (également à l’ordre du jour au travers du mouvement des bonnets rouges !) prend des parts de marché, mise sur la production de qualité, élevage en plein air, et une distribution en circuit court. L’enjeu essentiel pour ALPOEUF étant d’être en mesure d’honorer ses commandes en hausse significative.2013-11-06_conferDebout_300x225

 

La mutualisation des flux pour la desserte des vallées en saison haute : une fausse bonne idée ? Une utopie ?

La desserte des stations de ski, un des poumons économiques des Hautes-Alpes concerne tout le monde : stations, consommation hors domicile, commerçants plus généralement, consommateurs ou client final, transporteurs et collectivités territoriales.

Daniel Hapian rappelle que le problème principal des stations de montagne, c’est la circulation.

Patrick Garavagno reconnaît que la situation actuelle est aberrante : « on monte régulièrement à 3 véhicules : il faudrait idéalement étudier une plateforme de livraison un peu en dehors de la station : tous les véhicules y livreraient et les commerçants viendraient chercher leurs produits » (ou organiser un système de livraison sur la station)

Mais Daniel Hapian précise que le problème est aussi l’exigence des commerçants destinataires : heures de livraison, livraison avec ascenseurs ou par escalier, … « on a même eu des réclamations de commerçants se plaignant que la livraison n’était toujours pas faite à l’heure dite, un jour de blocage complet du fait d’une chute de neige toute la nuit, avec accès impossible à la station »…

Les maires, quant à eux, ne sont pas très concernés par les moyens mis en place pour les livraisons, mais uniquement par les résultats qui peuvent parfois être contradictoires :2013-11-06_entrepot_300x225

• Pas de rupture de stock

• Pas de camion dans les rues

• Pas de bruit de moteur

Nous avions déjà abordé lors d’une précédente session en région marseillaise un sujet « poil à gratter » avec des distributeurs et transporteurs spécialisés qui reconnaissaient d’emblée l’aberration de modèles de distribution basés sur le « chacun pour soi » qui conduit nécessairement à une dégradation des marges, des heures ouvrées gaspillées, des trains d’embouteillages récurrents.

 Claire Bouchet, suppléante de Joël Giraud, député des Hautes-Alpes et également maire de La Motte en Champsaur constatait pour sa part l’intérêt de creuser une démarche qui aurait pour but avoué de mutualiser.

Pourquoi ne pas créer une plateforme commune de chargement en plaine, même si c’est compliqué du fait de la concurrence entre les opérateurs ?

Est évoquée également l’idée d’une bourse de fret pour remplir les véhicules à destination des stations.

Pour Lionel Davin, il faut faire attention : une telle bourse de fret serait accaparée par les VL envoyés par les pays de l’est, qui proposeraient de casser les prix pour monter à 50 véhicules mais sans aucune contrainte de circulation.

Patrick Garavagno pense qu’il serait possible de créer une telle bourse mais uniquement entre les transporteurs de la vallée qui se connaissent bien. Cela dit, il faudrait pour cela régler des problèmes techniques (bons de livraison, remontée d’information, …).

Anaïs Dufetel avance l’idée de pouvoir faire un test sur l’une des stations.

En amont de ces initiatives, il serait intéressant de pouvoir connaître précisément le nombre de camions qui se rendent chaque jour dans les stations ; même si, pour Lionel Davin, les prévisions sont de plus en plus aléatoires.

L’idée est lancée d’organiser une prochaine session sur ce sujet très précis des mutualisations au cœur d’une vallée. Claire Bouchet y est très favorable et évoque la piste d’une concertation associant les différentes parties prenantes à commencer par les stations de ski.

 

Les conversations allant bon train, c’est autour d’un buffet campagnard dressé pour l’occasion que les participants ont pu clôturer cette session.

 

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