La 17ème Session Logistique Décarbonée à Cavaillon, Vaucluse, (Région Provence-Alpes-Côte-d’-Azur)

Nicolas ROGIER et Gil DOAT choisissent d’organiser la 17ème session LOGISTIQUE DECARBONEE le 28 novembre dernier, dans les installations du M.I .N. de Cavaillon.images

Etaient présents :

René Moll : Directeur du MIN de Cavaillon

• Emilie Berto : Berto

• Jean Marc Gastinel : Berto

• Jérôme Vandemberg : Raiponce

• Gildas Bonnafous : Raiponce

• Lynda Richard : Raiponce

• Emile Rossignol : ID Logistics

• Nassim Mellouani : Frigo Lines Omnitrans

• Charly Hervé : Cavaillon Fruits et Légumes

• Maurice Hamou : EmmaTrans

• Jacky Groisil

2013-11-28 12.06.21Le M.I.N. de Cavaillon a des fonctions comparables à celui de Rungis à un niveau local ; sur une emprise de 18ha, il assure des activités de marché de gros et gère également des activités d’entreposage réalisées par des prestataires sur le site.

René Moll, son directeur, qui nous accueille pour l’occasion dans ses installations, conscient des enjeux liés à la saturation des transports, est favorable à une mutualisation de la logistique sur le site du MIN : aujourd’hui, les acheteurs viennent avec leur propre camion. Il n’y a aucune mutualisation au départ du MIN.

 

Les enjeux d’une mutualisation

Cette 17ème session, avant-dernière de l’année 2013 s’est fixé comme objectif d’identifier les leviers qui permettrait d’actionner une vraie démarche de réduction de l’empreinte transport sur la filière fruits et légumes, secteur d’activité prépondérant sur le département de Vaucluse. De fait, la totalité des présents intervient sur cette filière, soit comme producteur, distributeur, soit comme prestataire de transport.

A ce titre, il est d’emblée envisagé, à l’occasion d’une prochaine session Logistique Décarbonée en 2014, de centrer les travaux autour de cette problématique par le biais d’ateliers de travail que nous aurons le temps d’ici là de structurer.

Le département du Vaucluse est un territoire historiquement agricole qui a vu, au cours des 40 dernières années ses surfaces autrefois consacrées à la culture des fruits et légumes en partie détournées de leur vocation première au profit de l’activité logistique, distribution. La surface grande et moyenne surface est prépondérante et l’habitat particulièrement mité. Une partie des exploitations n’ont pas été reprises et abandonnées. Au final, une partie des productions écoulées sur le MIN est originaire des régions périphériques ou pays tiers. La filière Bio, est de son côté demandeuse de produits de qualité sur place. Il n’est pas rare de voir en grande et moyenne surface de la région de Cavaillon des rayons entiers sur lesquels on n’arrive pas à s’approvisionner localement et les acheteurs doivent alors avoir recours aux régions lointaines.

Et pourtant, paradoxalement, on est également sur un territoire de grande tradition touristique, où l’activité culturelle se mêle à une restauration, des modes de consommation qui imposent la qualité et devraient donc conduire à renforcer l’intérêt pour les circuits courts.

De fait , la consommation hors-domicile (CHD), bien présente au travers d’un circuit CHR très développé (Café-hôtels-restaurants) devraient entamer des réflexions localement, alliant les distributeurs spécialisés, les producteurs et les transporteurs, afin de donner plus de vigueur à une stratégie de circuits courts similaires à celles qu’on va trouver dans les pays voisins.

Emilie Berto, du Groupe Berto, considère pour sa part que ces sujets associant la performance et la réduction des impacts CO2 sont de nature à permettre de travailler sur la motivation et la mobilisation des salariés de la filière transport du secteur 84.

Jean-Marie Gastinel, revenant sur l’objectif de la Charte CO2 auquel le groupe Berto s’est associé, renforce ce discours en précisant que cet outil permet de travailler autant sur le véhicule que sur les collaborateurs (risques sociaux).

2013-11-28 10.15.07Jérôme Vandemberg , responsable transports logistique chez Raiponce, distributeur de produits Bio, expose le projet de l’entreprise d’ouvrir un nouvel entrepôt à Paris et de développer le ferroviaire entre les 2 sites. Une grande partie des approvisionnements se fait actuellement depuis l’Allemagne et l’Italie mais en routier.

Nassim Mellouani, chef d’agence de Frigo Lines Omnitrans (30 PL), une société lyonnaise (150 PL) de transport frigorifique sur la région, est pour sa part intéressé par la Charte CO2.

René Moll, indique comment les livraisons se passent au départ du MIN de Rungis en région parisienne : Un service de facturation collectif et 2 services de livraison pour Paris intramuros et la Couronne. Pour la Corse par exemple, « on n’a pas le choix du transporteur » : celui négocie directement avec les Corses. Il est, par la suite, imposé.

Charly Hervé pense de son côté qu’on pourrait éventuellement travailler sur des solutions optimisées, comme la mutualisation : cela marcherait bien sur les flux réguliers. En revanche, pour le dépannage, dès qu’il s’agit de flux exceptionnels, il n’y a plus aucune conscience de l’impact environnemental.

Maurice Hamou, EmmaTrans considère qu’il y a encore une offre trop importante par rapport à la demande et que des restructurations vont encore s’opérer dans les prochaines années, ce qui permettra alors de réfléchir à de vraies solutions professionnelles, pourquoi pas de mutualisation, en pratiquant des politiques tarifaires cohérentes. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

Pour René Moll, la consommation locale n’est pas assez valorisée par les producteurs. Il y a des marges de progrès intéressantes pour améliorer le niveau de correspondances entre la demande et les productions sur le département (en faveur du développement de circuits courts, moins consommateurs de transports).

 

La multimodalité et les autres enjeux environnementaux

Jérôme Vandemberg , responsable transports logistique chez Raiponce, distributeur de produits Bio, expose le projet de l’entreprise d’ouvrir un nouvel entrepôt à Paris et de développer le ferroviaire entre les 2 sites. Une grande partie des approvisionnements se fait actuellement depuis l’Allemagne et l’Italie mais en routier, complexité et compétitivité obligent.

Nassim Mellouani, chef d’agence de Frigo Lines Omnitrans (30 PL), une société lyonnaise (150 PL)  de transport frigorifique sur la région, est pour sa part intéressé par la Charte CO2.

Cette charte dans laquelle 3 transporteurs présents sont engagés, chacun pour leur propre raison est plus que jamais d’actualité : pour Maurice Hamou d’EmmaTrans, cet engagement fournit un levier supplémentaire de négociation commerciale avec certains grands comptes très sensibles à ces problématiques. Pour le Groupe Berto, la démarche a permis de structurer les actions déjà en place autour d’un projet commun et de fédérer les collaborateurs tous ensemble sur cette thématique.

La Flèche / ID Logistics, quant à elle vient tout juste de ressigner pour une nouvelle période d’engagement après 3 ans de mise en place de diverses actions : ce ré-engagement permet de continuer dans la droite ligne des efforts déjà entrepris et de poursuivre la communication et la sensibilisation aussi bien des collaborateurs, que des clients ou des fournisseurs.

Concernant l’obligation légale d’informer la clientèle sur les émissions CO2 associées aux prestations de transport, Jérôme Vandemberg nous indique que selon lui, seuls certains transporteurs affichent le CO2, mais pas tous : Dispam fait partie des bons élèves, mais il est le seul de leurs fournisseurs.

Gildas Bonnafous, de Raiponce, indique pour sa part que selon lui, les contrôles sont extrêmement sévères sur les produits bio importés de la part des douanes à l’arrivée en France. Beaucoup plus que les produits équivalents en non bio. La filière Bio soufre d’une production encore faible que ce soit en France (ce qui oblige à importer) mais même à l’étranger : ceci explique les prix élevés qu’on trouve souvent.

Les conversations allant bon train, c’est autour d’un buffet campagnard dressé pour l’occasion que les participants ont pu clôturer cette session.

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