Par Marc CHERKI dans LE FIGARO du 13/12/15

 Tous ces secteurs sont presque absents de l’accord adopté à l’unanimité par les représentants de 195 pays.

Impact ignoré des mers

DSC_2171Malgré une seule mention aux océans, dans le préambule de l’accord, ce deuxième poumon de la Terre, qui absorbe environ un quart des émissions annuelles de dioxyde de carbone, ne fait pas l’objet du même intérêt que les forêts (11 mentions). «Les océans sont oubliés dans le projet d’accord de Paris» , confirme Vincent Laudet, directeur de l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (université Pierre et Marie Curie, CNRS). Cet oubli se justifie, selon le chercheur, pour au moins trois raisons: «On le connaît très peu, même si l’on sait qu’il a notamment un rôle de pompe à CO2, dans le transport du dioxyde de carbone et qu’il sert de tampon thermique. Deuxièmement, l’océan n’est à personne. Il est donc plus difficile de s’en soucier. Enfin, il est complexe à étudier et d’en avoir une connaissance globale, malgré les observations par satellites.» Une meilleure étude des océans, notamment de son acidification provoquée par la dilution du CO2, ou l’interdiction des rejets plastiques dans les mers pourraient aider à préserver cet écosystème crucial.

Suppression de la référence aux transports aérien et maritime

L’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre des avions et des bateaux de marine marchande a longtemps été inscrit dans les projets d’accord. Mais, le 9 décembre, cette référence a été retirée du texte. L’aérien contribue à 2,5 % des émissions mondiales de CO2 et le maritime à 2,2 %. Mais, surtout, leurs rejets augmentent deux fois plus vite que ceux de la moyenne mondiale depuis 1980, rappelle la revue Nature Climate Change. L’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) a promis de s’occuper de ce problème en 2016 sous l’impulsion des États-Unis et de l’Europe.

Pour faire avancer ce dossier, la sénatrice (LR) Fabienne Keller préconise de taxer le kérosène de l’aviation civile et les mazouts très polluants de la marine marchande, deux carburants défiscalisés. Elle aurait souhaité que ce principe de «taxe innovante soit intégré dans l’accord de Paris ».

 

Les énergies renouvelables

Il y a une seule «mention aux énergies renouvelables, pour aider à l’électrification de l’Afrique», déplorent les ONG du Réseau action climat. Certaines restent critiques vis-à-vis du peu de mentions dénonçant les énergies fossiles, dont une seule référence du texte suggère de créer un outil tel le «prix du carbone ». Mais le texte suggère implicitement le recours aux énergies renouvelables, en invoquant le «recours à la science » pour supprimer les émissions de gaz à effet de serre dans la seconde moitié du XXIe siècle. Ce serait un moyen d’engager la «décarbonisation» sans le dire. En interprétant le texte de cette manière, Emma Ruby-Sachs de l’ONG Avaaz estime que l’accord «ouvre la voie vers les énergies propres que le monde attend et dont la planète a besoin». Pour soutenir ses actions, cette ONG a recueilli 3,6 millions de signatures à sa pétition en faveur d’un monde sans énergies fossiles.

 

Répondre

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>