Göteborg, la ville où les familles abandonnent la voiture personnelle

FIGARO DEMAIN – 17/11/2017

La start-up suédoise UbiGo a été la première à proposer des abonnements de transports «tout en un» qui permettent de laisser son auto au garage. Un succès qui inspire de plus en plus les villes françaises.

Pourra-t-on bientôt se passer de voiture personnelle? La municipalité de Marseille lance ce week-end un «mois sans voiture». C’est dans l’air du temps. Paris a mené la même expérience en septembre. Ce système s’inspire directement d’une offre développée par la start-up UbiGo à Göteborg, en Suède: un seul abonnement qui permet de profiter de toutes les solutions de transports publics ou partagés imaginables. Ce concept nommé MaaS (Mobility as a service) est né dans cette ville nordique, la deuxième du pays, où se développent nombre d’initiatives vertes et où se rend Emmanuel Macron ce vendredi, de retour de la Cop 23.

La première expérience a été testée ici par 70 foyers durant 6 mois en 2013 et 2014. Il s’agissait de laisser sa voiture personnelle au garage et de remplacer les offres de transports – cartes, forfaits et applications diverses – par un seul abonnement mensuel «tout en un». Une sorte de «buffet à volonté» du transport où pour environ 130 euros par mois on pouvait utiliser les vélos, le covoiturage, les bus, le tram, le taxi et même la location de voiture pour un week-end à la campagne par exemple. «Le but est de convertir les propriétaires de voiture en consommateurs de services, explique Hans Arby, PDG d’UbiGo. Si vous avez acheté une voiture, vous allez l’utiliser au maximum pour rentabiliser l’investissement. Moins de propriétaires d’automobiles, c’est donc la solution aux problèmes de pollution, de stationnement et de d’embouteillages dans les villes. Mais cela implique pour nous de réussir un grand défi: offrir à nos utilisateurs une vie quotidienne aussi facile qu’avec une voiture privée.»

Après 6 mois d’essai, 50% des usagers de ce service ont indiqué que leur comportement allait changer. C’est le cas de Christian Seiberlich, consultant en management, qui a utilisé l’application. «Après deux à trois semaines, ça devient facile de prévoir ses trajets. Je n’ai pas vraiment eu de problème, même si le système de prix était compliqué à comprendre, indique-t-il. J’ai aimé avoir une grande flexibilité dans le choix des transports. C’est parfait quand on a besoin d’avoir une voiture sans pour autant s’en servir toute la journée.»

L’expérience suédoise sera calquée en mars 2018 à Stockholm et sera relancée à Göteborg plus tard dans l’année. «Les problèmes de pollution et de circulation ne sont pas aussi importants qu’à Paris mais la capitale suédoise est la ville qui se développe le plus rapidement en Europe et Göteborg croît très vite aussi», assure Hans Arby.

Des tests à Paris et à Marseille

Aujourd’hui, ce concept fait aussi des émules en France. La Ville de Marseille a choisi 100 foyers. Dès samedi, ils vont laisser leur voiture personnelle au parking pendant un mois en échange d’un abonnement au réseau de transport RTM (bus, métro, tram, ferry…), aux vélos publics, d’une réduction sur les trains régionaux et d’un abonnement à un service d’autopartage.

A Paris, en septembre dernier, l’opération «trois semaines sans voiture» a été une réussite: une trentaine de participants parmi les cinquante volontaires étaient prêts à poursuivre l’expérience. La mairie fournissait un «kit de mobilité» comprenant des accès libres aux Autolib, Vélib, métros et bus… Le «tout-en-un» pourrait bien devenir une alternative de plus en plus crédible.

 

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