Archives pour mai 2020

par Nicolas J. Rogier

Samedi 23 mai 2020, Marseille, vers 15h00

Je m’attable, enfin, un peu dépité, ayant repoussé l’échéance d’une rencontre obligée avec la page blanche d’un livre « à quatre mains » qui, décidément, tarde à m’enivrer ! Je ne parviens toujours pas à cerner les flancs d’un paysage fuyant devant moi, qui ne m’offre que des collines battues et rebattues par des vents improbables et entre lesquelles je ne parviens toujours pas à introduire mon stylet. A chaque tentative, depuis une poignée de semaines, le thalweg que je pensais pouvoir emprunter avec un certain bonheur, s’évanouit entre les ronces, d’épaisses et infranchissables haies. Une maigre inspiration se dérobe, me forçant au demi-tour dans une soirée obscure à peine émaillée de quelques dalles plus claires sur lesquelles je fixe mon pas contrarié.

Marseille, Belsunce. L’Alcazar

Enfin quelques lueurs au loin dans un ciel blanchi par le disque d’argent d’une lune bienveillante.

Cette « logistique » est un véritable cerbère, agité, remuant, protéiforme, se dévêt de bleu pour se vêtir de blanc, disparaissant dans les limbes pour revenir en polichinelle dans une version digitalisée désarmante pour ceux qui pensaient la tenir bien en laisse.

L’objet de mon désarroi, momentané, car nous saurons bien, tout compte fait, amadouer la bête et l’amener à la raison, est de ne toujours pas parvenir à solidement agrafer entre elles les impressions et les images recueillies au cours de mes déambulations

Dans les méandres des trajectoires des entreprises qui errent entre chien et loup. (Lire la suite la semaine prochaine)

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